En janvier 2010, la mort violente de l’élue locale Catherine Ségalat secoue le village de Vaux-sur-Morges (VD). Son beau-fils, brillant généticien, est retrouvé sur les lieux, couvert de sang et blessé au visage. L’enquête sera longue et les rebondissements judiciaires nombreux, comme le raconte le nouvel épisode du podcast de la RTS « Crimes suisses ».

Le 9 janvier 2010, le corps sans vie de Catherine Ségalat est découvert dans sa maison de Vaux-sur-Morges. C’est son beau-fils Laurent Ségalat, généticien de renom, qui a appelé les secours. Ses explications sont confuses: il aurait tenté de réanimer sa belle-mère pendant une heure, puis aurait nettoyé la scène, invoquant une phobie du sang.

Rapidement, les blessures de la victime et celles de Laurent Ségalat, ainsi que les traces de nettoyage intensif, éveillent les soupçons de la police qui l’arrête séance tenante. Une longue enquête s’engage alors, entre passes d’armes médiatiques et bataille d’experts.

Acquitté en première instance, Laurent Ségalat est finalement condamné pour meurtre en appel. Condamné en Suisse, le généticien qui a toujours clamé son innocence reste libre en France. Les autorités françaises refusent de l’extrader ou de l’arrêter pour qu’il purge sa peine dans son pays d’origine.

« Un procès très tendu, avec des moments de sidération »

Dans le podcast « Crimes suisses », Caroline Gebhard, journaliste au quotidien La Côte, raconte son arrivée sur les lieux, la voiture du journal presque bloquée dans la neige. « On sentait déjà qu’il y avait quelque chose de très lourd, de très étrange », alors que le fait divers se mue immédiatement en énigme complexe.

Pour elle, couvrir l’affaire Ségalat a été une expérience marquante, tant par la complexité du dossier que par l’atmosphère qui régnait lors des audiences. « C’était un procès très tendu, avec des moments de sidération », se souvient-elle.

La personnalité de Laurent Ségalat, ses explications changeantes et les expertises contradictoires ont créé une tension palpable. « Il y avait une vraie bataille d’experts, c’était fascinant à suivre, mais aussi très déroutant pour le public et les journalistes », explique Caroline Gebhard.

Elle décrit des moments où la salle d’audience retenait son souffle, notamment lors de la diffusion de la vidéo de la reconstitution ou de l’appel au 144. « On était tous suspendus aux lèvres des témoins et des avocats, essayant de démêler le vrai du faux.  » Cette intensité, combinée à l’enjeu humain et judiciaire, a fait de l’affaire Ségalat un dossier hors normes, dont le souvenir reste vif pour ceux qui l’ont suivi de près.

>> Ecouter le podcast : La mort en bas de lʹescalier / Crimes suisses / 58 min. / hier à 00:00 >> Revoir l’émission Zone d’ombre sur l’affaire Ségalat : L'émission de la RTS "Zone d'Ombre" revient ce soir sur l'affaire Ségélat L’émission de la RTS « Zone d’Ombre » revient ce soir sur l’affaire Ségélat / 19h30 / 1 min. / le 26 novembre 2014

Antoine Droux