TOM NICHOLSON / Anadolu via AFP
L’homme d’affaires français Bernard Arnault et son épouse Hélène Mercier-Arnault arrivent à l’Élysée, le 12 mars 2025.
Des propos totalement déconnectés de la réalité. Au cours d’une interview sur RTL, exhumée dans son entièreté par le Canard enchaîné, puis Blast et Mediapart, Hélène Mercier-Arnault, épouse du PDG de LVMH Bernard Arnault, s’exprime sans langue de bois sur les personnes sans abris. Le passage est choquant.
Interrogée sur le décalage entre sa vie de femme fortunée et celle d’une personne dormant à la rue, Hélène Mercier-Arnault répond d’abord : « Ce que je vais dire va peut-être vous choquer, les SDF, je n’y pense pas tous les jours ».
Dans cet extrait coupé au montage d’une interview accordée le 23 février à Marc-Olivier Fogiel, la pianiste émérite poursuit avec des mots crus : « La première fois que j’ai vu des clochards, c’est quand je suis arrivée à Paris, il n’y en avait pas à Montréal (…) C’est aussi, j’ai l’impression, un choix de vie avec des gens (…) qui ont décidé de lâcher la société. C’est un retrait du monde. »
« Je n’ai aucun rôle politique et aucune légitimité »
Face au journaliste Marc-Olivier Fogiel, qui semble choqué par la teneur de ses propos, Hélène Mercier-Arnault tente ensuite de se rattraper, comme vous pouvez l’entendre dans la vidéo ci-dessous : « Les SDF, à Vienne par exemple, ils sifflent des mélodies de Schubert. Vous voyez, j’ai une vision très large de la question. »
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Contactée par nos confrères de Libération, l’épouse de l’une des plus grandes fortunes mondiales se défend : « C’est un sujet beaucoup trop profond et complexe pour m’engager dans cette discussion. Je suis habilitée à parler de musique et certainement pas de politique. Je n’ai aucun rôle politique et aucune légitimité ». Avant de présenter ses excuses : « Mes propos ont certainement pu prêter à malentendu et j’en suis profondément désolée. »
Hélène Mercier-Arnault dément en revanche avoir réclamé que la séquence soit coupée dans l’interview diffusée sur la radio privée. Une version corroborée par Marc-Olivier Fogiel, aussi interrogé par Libération, qui explique que RTL voulait « passer pas mal de passages qui étaient déjà assez problématiques, dont la plupart ont d’ailleurs suscité des polémiques après la diffusion, sur les impôts, sur l’hôtel trois étoiles ». Il ajoute qu’un passage -court- sur les SDF est passé sur les ondes. Le présentateur conclut : « On n’avait pas d’autre choix que de couper l’autre partie de la réponse qui était trop longue. »