Avez-vous déjà vu des pontonniers, ces rameurs qui se tiennent debout sur une barque et bravent les eaux du Rhône? Les adeptes de ce loisir naviguent aujourd’hui entre sport et tradition.
Sur la barque, le duo de navigateurs genevois est en symbiose. Devant, le batelier fait office de moteur à la force de ses bras. Derrière, son acolyte joue le rôle de pilote et dirige l’embarcation. Ils doivent dompter les eaux du fleuve à contre-courant, mais aussi en maîtriser la descente.
« C’est assez compliqué, une rivière, parce que ça va vite », décrit Daniel Huber, le secrétaire de la Société des pontonniers de Genève, dans l’émission Couleurs locales de la RTS.
Historiquement, les barques des pontonniers sont en bois (ici la barque genevoise, construite dans les années 1960, est en bois de sapin et chêne). Aujourd’hui, elles sont construites en fibres de verre renforcées. [RTS]
Les pontonniers genevois s’entraînent toutes les semaines à remonter le Rhône sur une barque – nacelle ou Weidling – à la gaffe, ou à le traverser à la rame, précise leur site. La société n’hésite pas à comparer cette activité à du « paddle à l’ancienne ».
Un sport paramilitaire
A l’époque, les pontonniers faisaient partie de l’armée et construisaient des ponts temporaires pour le passage des troupes et du matériel. C’est devenu ensuite un sport paramilitaire, pratiqué en dehors de l’école de recrue.
>> Voir aussi cette archive de la RTS: en 15 minutes, des membres de la Société suisse des pontonniers jettent une passerelle sur le Rhône entre Bex et Massongex, en 1962 :
Un pont sur le Rhône / Carrefour / 1 min. / le 18 juin 1962
Aujourd’hui, les pontonniers participent à des compétitions acharnées. Ils appartiennent à des sociétés sportives civiles, mais sont aussi intégrés au plan en cas de catastrophe (Plan ORCA), indique la société des Pontonniers de Bex sur son site.
« On doit avoir des équipes de navigateurs prêtes à intervenir sur le Rhône en cas de problème », expliquait Daniel Udry, pontonnier à Bex, dans Couleurs locales en 2017.
>> Revoir le sujet sur les pontonniers de Bex dans Couleurs locales (2017) :
VD: le concours national de pontonniers se tiendra à Bex / Couleurs locales / 2 min. / le 9 juin 2017 Experts en navigation
« Il y a très longtemps, les pontonniers étaient en fait des bateliers qui transportaient des marchandises », raconte Daniel Huber. La navigation en barque à fond plat sur le Rhône et le Léman remonte d’ailleurs au Moyen-Age, voire à l’époque romaine, précise encore la société genevoise.
Les pontonniers de Genève mettent en avant sur leur site le tableau « La pêche miraculeuse » peint par Konrad Witz en 1444, montrant Jésus sur la rade et les apôtres « à bord d’un Weidling dirigé par deux rameurs debout », note la société des Pontonniers avec humour. [DR – MAH/photo: B. Jacot-Descombes]
Entre le 17e et le 19e siècle, l’armée fait régulièrement appel à des bateliers professionnels pour construire des ponts éphémères afin de faire traverser les soldats d’une rive à l’autre, explique Daniel Huber. Mais il y a un tournant avec l’arrivée du train, qui détrône le transport fluvial de marchandises. Le travail de batelier tombe en désuétude et l’armée peine à trouver du personnel disponible sachant naviguer et construire les fameux ponts éphémères.
Aujourd’hui, la société genevoise tient à se distancier de l’armée. Elle vise plutôt à créer « des ponts culturels », comme l’image Daniel Huber, en aidant par exemple à des performances sur l’eau, ou à s’engager sur le plan environnemental.
Il existe une quarantaine de sociétés de pontonniers en Suisse, dont deux en Suisse romande, à Genève et à Bex.
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Sujet radio: Guillaume Martinez
Adaptation web: Julie Liardet