Le fils du chah déchu s’est dit samedi prêt à mener la « transition » vers un « avenir démocratique et laïc » en Iran. Reza Pahlavi a fait cette promesse devant environ 200’000 partisans rassemblés à Munich, en marge de la Conférence sur la sécurité (MSC).
« Je m’engage à être le leader de la transition » vers un « processus démocratique et transparent, à travers les urnes », a dit cette figure de l’opposition iranienne en exil, qui multiplie ces derniers jours les appels à la mobilisation, en Iran comme à l’étranger, contre la République islamique.
« Assurons-nous que le moment est venu. En particulier les nations libres de ce monde et leurs gouvernements », a-t-il ajouté, à l’occasion de la MSC, qui réunit jusqu’à dimanche des dirigeants mondiaux.
Les participants à la manifestation – environ 200’000 d’après la police de la capitale bavaroise – ont atteint le double du nombre attendu par l’association organisatrice, The Munich Circle.
Ils ont convergé dans le calme en direction de la Theresienwiese, une immense place bétonnée de l’ouest de ville qui accueille chaque année l’Oktoberfest, a constaté une journaliste de l’AFP. Dans une ambiance pacifique et paisible, de nombreux manifestants ont offert des tulipes et des roses aux policiers.
Des centaines de manifestants munis de drapeaux à une manifestation de l’opposition iranienne. [KEYSTONE – EBRAHIM NOROOZI]
Certains brandissaient des drapeaux à bandes horizontales verte, blanche et rouge avec un lion et un soleil, étendard de la monarchie renversée en 1979. « La culture prévaut toujours sur la force et la répression », pouvait-on lire sur une pancarte.
Au micro du 19h30, une manifestante s’est exprimée: « On veut être libre, on veut un pays démocratique. Et je pense que la meilleure option est le roi Reza Pahlavi ». Un autre partage la conviction d’une alliance d’intérêts entre différents mouvements et courants politiques: « Républicains, démocrates et monarchistes, main dans la main, et par amour pour l’Iran ».
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Parmi les manifestants figurait également Setareh Ashtari, suisse et iranienne, venue spécialement de Genève. Elle décrit une mobilisation massive: « Vers 16h, la police nous a confirmé il y a plus de 250’000 manifestants sur place », a-t-elle expliqué durant l’émission Forum.
Elle insiste aussi sur la dimension globale du mouvement: « Nous attendons de la communauté internationale qu’elle intervienne, pour les Iraniens à l’intérieur du pays, mais pas seulement. Le problème de l’Iran ne concerne pas que les Iraniens. C’est un problème mondial. »
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Donald Trump, qui alterne appels à une issue négociée et menaces militaires, a évoqué ouvertement vendredi un renversement du pouvoir en Iran. « Il semble que ce serait la meilleure chose qui puisse arriver », a-t-il répondu à des journalistes l’interrogeant sur un éventuel « changement de régime ».
« Le peuple iranien vous a entendu dire que l’aide est en route, et il a foi en vous. Aidez-le », a lancé Reza Pahlavi lors d’une conférence de presse, après que Donald Trump a confirmé l’envoi « très bientôt » d’un deuxième porte-avions américain, le Gerald Ford, pour rejoindre l’USS Abraham Lincoln dans la région.
Le prince héritier iranien en exil, Reza Pahlavi, et son épouse Yasmine Pahlavi saluent leurs partisans lors d’une manifestation organisée à Munich. [KEYSTONE – EBRAHIM NOROOZI]
« Il est temps d’en finir avec la République islamique. C’est la revendication qui résonne depuis le bain de sang de mes compatriotes, qui ne nous demandent pas de réformer le régime, mais de les aider à l’enterrer », a ajouté Reza Pahlavi, qui ne fait pas l’unanimité au sein d’une opposition iranienne divisée.
La manifestante interrogée par Forum partage cette ligne: « C’est une stratégie qu’on attendait depuis des années. Il incarne désormais une image fédératrice, qui pourra nous aider pour atteindre à une démocratie ».
Le président américain avait brandi la menace d’une intervention militaire en Iran face à la répression des manifestations qui, selon des ONG de défense des droits humains, a fait des milliers de morts. Il a ensuite continué de menacer Téhéran pour pousser à un règlement diplomatique portant notamment sur le programme nucléaire iranien.
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Propos recueillis par Mehmet Gultas
Adaptation web: Raphaël Dubois avec ats