L’Opéra de Zurich accueille jusqu’au 11 avril « Monster’s Paradise » d’Olga Neuwirth, une satire acérée de l’actualité politique américaine. Cette création autrichienne met en scène un président mégalomane, inspiré de Donald Trump, dans une mise en scène exubérante.
Dans « Monster’s Paradise » de la compositrice autrichienne Olga Neuwirth, un président mégalomane trône dans un bureau ovale plaqué or entouré de personnages excentriques, dont une épouse transformée en lampe. Incarnant un jury impitoyable digne d’un concours de talents, il élimine ses adversaires sans pitié.
Bien que le nom de Donald Trump ne soit jamais explicitement mentionné, la ressemblance est assumée dans cet opéra grand-guignolesque. « On peut trouver ça sensationnaliste, explique le metteur en scène Tobias Kratzer dans le 19h30 du 10 mars. Mais si cela incite ensuite à une réflexion, alors cela me convient. »
Un spectacle entre satire et performance
Le livret, signé par l’autrice autrichienne Elfriede Jelinek (Prix Nobel de littérature en 2004) et la compositrice Olga Neuwirth elle-même, met en scène un « roi président » dont l’ego gonfle visuellement aussi jusqu’à l’absurde, le rendant presque monstrueux. Face à lui, Gorgonzola, une créature inspirée du célèbre Godzilla, incarne la résistance et la possibilité de sauver le monde. Mais le spectacle ne se contente pas de moqueries et invite à réfléchir à notre propre position dans le monde.
Entre scènes absurdes et moments de danse exubérante, le « roi président » se donne en spectacle, parfois dans une voiturette de golf, parfois dansant de manière caricaturale. L’Opéra de Zurich, habituellement lieu de sobriété et de raffinement, devient ici un espace de critique et de dérision. « Monster’s Paradise » parvient à mêler humour et gravité, offrant au public une satire politique pertinente et divertissante.
Sujet TV: Julien Guillaume
Adaptation web: olhor
« Monster’s Paradise » d’Olga Neuwirth, mise en scène de Tobias Kratzer, Opéra de Zurich, jusqu’au 11 avril 2026.