INFO LE FIGARO – Ses travaux reprennent cette semaine. L’homme d’affaires sera questionné en tant qu’actionnaire de la société de production de Banijay.
La convocation avait été annoncée dès le mois de février. Sa date est désormais fixée. Vincent Bolloré sera auditionné ce mardi 24 mars, à 15h30, par la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, à la demande de son président Jérémie Patrier-Leitus (Horizons).
«Je ne convoque pas Vincent Bolloré parce qu’il est propriétaire de médias d’audiovisuel privé, il ne s’agit pas sortir du cadre de la commission d’enquête», indique-t-il au Figaro. L’homme d’affaires sera interrogé «parce qu’il est, à travers Vivendi, l’un des principaux actionnaires financiers de Banijay, l’une des principales sociétés de production avec laquelle travaille France Télévisions».
L’entreprise, présidée par Stéphane Courbit, fournit en effet plusieurs émissions emblématiques du service public comme Fort Boyard ou encore N’oubliez pas les paroles, présentée par Nagui. Elle travaille également pour des chaînes privées, TF1 notamment, pour qui elle produit Koh-Lanta.
«À partir du moment où nous avions décidé d’auditionner les principaux actionnaires financiers de Mediawan, autre producteur important de France Télévisions, cela avait du sens de le faire avec Banijay», commente Jérémie Patrier-Leitus. L’Alliance de Banijay avec un nouveau partenaire étranger, All3Media sera également questionné. «Vincent Bolloré, en tant que chef d’entreprise et homme d’affaires pourra éclairer cette question de l’actionnariat étranger dans les sociétés de production françaises. Est-ce que l’on a la capacité de conserver nos champions européens et mondiaux de l’audiovisuel avec un actionnariat français?», détaille-t-il.
Le cas Morandini, condamné pour corruption de mineurs, qui a été maintenu à l’antenne de CNews avant d’en être écarté, sera-t-il évoqué? Tout comme la guerre ouverte entre l’audiovisuel public et CNews? «Il peut y avoir des questions plus larges, du moment que l’audition reste avant tout concentrée sur l’audiovisuel public, rappelle le président de la commission d’enquête. Il existe peut-être une forme de paradoxe entre des critiques fortes émanant de ses médias à l’encontre du service public et le fait d’être actionnaire d’une des principales sociétés de production de l’audiovisuel public. Il sera intéressant de comprendre ce que Vincent Bolloré pense finalement de l’audiovisuel public».
Cette audition sera la première après la suspension des travaux de l’Assemblée nationale en raison des élections municipales. Elle sera précédée d’une réunion du bureau de la commission d’enquête afin de finaliser, entre autres, le calendrier des dernières auditions et faire un point sur celui du rapport. Les auditions se termineront le mercredi 8 avril. «L’examen du rapport devrait avoir lieu la troisième semaine d’avril et le vote au plus tard le lundi 27 avril», indique Jérémie Patrier-Leitus.
Alors que la commission d’enquête entre dans la dernière partie de ses travaux, «ces dernières auditions doivent nous permettent notamment de répondre à deux questions fondamentales, insiste son président: quelles doivent être les principales missions de l’audiovisuel public et quelle est la meilleure organisation pour lui permettre de les remplir et de faire face à la concurrence des plateformes étrangères et des réseaux sociaux, à la guerre de l’information et aux mutations technologiques?»