« Que« Que peut le cinéma ? », s’interrogent les organisateurs et organisatrices du festival Cinéma du réel pour sa 48e édition, du 21 au 28 mars 2026. Et de tenter une réponse dans leur éditorial de programmation : « Peut-être simplement témoigner de la situation réelle sur le terrain. Mais aussi proposer un contre-champ aux images des médias, parasiter les stéréotypes, redonner un visage à la résistance… »
Alors que les possibilités de financement se réduisent et que les exploitant·es de salles tentent de s’organiser pour protéger leur liberté de programmation, cette année encore le festival propose une vaste sélection de films rares et patrimoniaux, à côté d’œuvres contemporaines.
Lancée en 2019, la section « Première fenêtre » est la vigie du festival sur un ensemble de nouveautés narratives et formelles. Elle rassemble chaque année une sélection de films courts, réalisés par de jeunes créateurs et créatrices, en apprentissage ou non, étudiant·es en école d’art, en section cinéma à l’université, dans des ateliers de réalisation divers, ou même fabriqués hors de toute structure.
Audacieuse, la sélection se veut une invitation à explorer des récits qui « se plaisent à déjouer les habitudes de spectateurs ». « Plutôt qu’une sélection de premières œuvres, cette programmation est pensée comme un observatoire de l’ensemble des jeunes pratiques », explique le festival. Cette section est programmée par la direction artistique et Clémence Arrivé Guezengar, en collaboration avec un comité de sélection constitué d’étudiant·es.
Projetés au Reflet Medicis, dans le Ve arrondissement de Paris, les films de la sélection sont également visibles sur Mediapart. Les lecteurs et lectrices peuvent voter pour leur œuvre préférée dans le formulaire en bas de cette page jusqu’au mercredi 25 mars à minuit.
« Fils de l’ombre »
Chabel Ngoubili (Maroc, Congo, 2025, 11 min)
Arraché à son enfance pour devenir soldat, Alain raconte ses cicatrices invisibles et son combat pour retrouver sa place dans un monde qui l’a rejeté.
« In a Manner of Speaking »
Rose Hirgorom (France, 2025, 25 min)
« J’étais au travail, je revenais de ma pause déjeuner, et puis plus rien, plus de voix, plus aucun son. — Plus aucun son ? — Plus aucun son. »
« Love Is »
Liza Kozlova (Belgique, Hongrie, Portugal, 2025, 18 min)
Djus, voleur à l’âme de cinéaste, utilise un téléphone clandestin pour se filmer depuis l’intérieur de la prison. Il y raconte une histoire d’amour qui l’accompagne après que les barreaux se sont refermés derrière lui. Ensemble, le personnage et la réalisatrice explorent ce qu’aimer signifie.
« Cours très vite mais pas trop parce que ça glisse »
Gina Wajskop (Belgique, 2025, 13 min)
Itay et Achille ont 9 ans. Amis depuis toujours, ils se comprennent sans mots. Malgré leurs centres d’intérêt opposés, ensemble, ils grandissent, se protègent, s’aiment. Le film suit leurs jeux et leur manière d’être au monde, à deux.
« Trois choses que j’ai apprises en France »
Te-Gao Hong (Taïwan, France, 2026, 15 min)
« En tant que Taïwanais venu en France, j’ai appris quelques choses. Et il y a trois choses que j’aimerais le plus partager avec vous. Le français est difficile, mais il y a des choses plus difficiles que le français. »
« Fifi est parti »
Ilias Jaoui (France, 2025, 15 min)
Malgré leur âge, Régine et Roger continuent de faire voler leur faucon Fifi comme ils l’ont toujours fait. Seulement, ce jour-là, Fifi ne revient pas. Est-ce vraiment la seule chose qui s’envole et disparaît ?
« Pies al revés »
Élodie Arpa (Suisse, 2025, 18 min)
Dans l’Amazonie colombienne, un regard dérive entre les eaux troubles des rivières et la forêt, témoin silencieux des coexistences entre les éléments et les habitant·es de Puerto Nariño.
« Hasta mañana si Dios quiere »
Alejandro Egido (Espagne, 2025, 29 min)
Alejandro Egido retourne dans son village paternel, qu’il fréquente désormais uniquement pour enterrer ses proches. Le film établit un parallèle subtil entre la fragilité de la vie humaine et celle d’un village sur le point de disparaître.
« My Dear Dear Home »
Yue Ran (Suisse, Chine, 2025, 20 min)
Une cinéaste chinoise mariée à une femme en Suisse retourne dans sa ville natale pour débuter un dialogue filmé avec sa mère. Entre générations, une parole longtemps retenue émerge, révélant les structures silencieuses de la famille, du genre et de l’amour.
« Todas las manos que solté »
Laura Chará (Colombie, France, 2026, 23 min)
Vingt ans après la mort de sa mère, Laura retourne dans la maison familiale du Cauca, en Colombie. Né d’une absence, le film traverse voix de femmes, silences et échos du passé. Un geste pour se souvenir, entre lumière persistante et obscurité de l’oubli.
Verify to continue « Pourquoi vis-tu dans ce pays qui m’a tué ? »
Hugo Mourard (France, 2025, 11 min)
« Il y a cent dix ans, au Lorrain, j’ai reçu un appel qui m’a emmené vers le Vrai Monde. Aujourd’hui, j’essaye d’en repartir. »
« Shadow Boxing »
Luna Fernandez (France, 2025, 13 min)
À l’ère contemporaine du scrolling, le film retrace le quotidien d’un protagoniste solitaire dont l’ambition est de déployer sa virilité. Alimenté par son ego et un rythme de vie ordinaire, il se met en quête, faisant défiler les contenus de motivation sur Internet.
« Disposable Wisdom »
Akram Abdellah Chikhi (Algérie, France, 2025, 14 min)
Un projet documentaire immersif sur la jeunesse algérienne. Filmé de nuit dans une voiture à Alger, le trajet devient un espace de parole libre. J’y explore une sagesse fragile et négligée, née de pensées intimes trop souvent étouffées ou méprisées.
Votez ici : © Typeform
*
Pour mémoire, le prix du public du Cinéma du réel est conduit en partenariat avec l’association Les Yeux de l’ouïe.
Afin de désigner le prix du public « Première fenêtre », les cinq films qui ont reçu le plus de voix sur Mediapart sont soumis à un jury composé de personnes issues de trois structures partenaires du festival, le Groupe d’entraide mutuelle TSA, le Centre d’hébergement Emmaüs Pereire et Aurore, ainsi que d’étudiant·es. Avant de découvrir les films de la section « Première fenêtre », ils et elles ont participé à un atelier de réalisation proposé par Les Yeux de l’ouïe. Découvrez ici les films réalisés par le jury du public.