Et si le CO2 n’était pas uniquement un problème, mais aussi une opportunité? Dans L’Effet Papillon sur RTS Première, la climatologue Célia Sapart nous invite à changer de regard sur ce gaz mal-aimé. Entre initiatives ingénieuses et réflexions sur notre mode de vie, elle partage une vision inspirante pour un avenir plus durable.
Le CO2, symbole du dérèglement climatique, peut-il devenir un allié? Célia Sapart, climatologue et directrice scientifique chez Co2 Value Europe, nous pousse à revoir notre perception de ce gaz. « Le CO2, c’est la source de la vie. Grâce à l’effet de serre, la vie existe sur Terre. Mais il est aussi le témoin des dysfonctionnements de notre société », explique-t-elle dans L’Effet Papillon.
Pour la chercheuse, qui travaille avec des industriels sur la décarbonation, le CO2 n’est pas un ennemi à éradiquer, mais un symptôme des excès de notre mode de vie. « On a tendance à le rendre responsable des changements climatiques, mais ce n’est pas la cause, c’est un indicateur », souligne-t-elle. Ce changement de perspective pourrait ouvrir la voie à des solutions créatives plutôt qu’à la seule culpabilité.
Quand les brasseurs deviennent pionniers
Dans une brasserie artisanale vaudoise (Dr Gab’s), une petite révolution est en marche. Le CO2 produit lors de la fermentation est capté et réutilisé au lieu de s’échapper dans l’atmosphère. Un système simple, presque aussi facile qu’arroser son jardin. « Si toutes les brasseries faisaient la même chose, l’impact serait vraiment important. C’est un message fort: nous ne voulons plus utiliser de CO2 fossile dans nos processus », se réjouit Célia Sapart », souligne Célia Sapart.
Une bière qui ne laisse plus sʹenvoler ses bulles / L’Effet papillon / 11 min. / hier à 17:14
Cette économie circulaire inspire bien au-delà des brasseries. Les cimentiers et les métallurgistes explorent des pistes similaires. « Ces entreprises ont des émissions inévitables. Réutiliser leur CO2 dans des matériaux de construction ou pour produire des carburants renouvelables est une piste prometteuse », explique-t-elle. Ces solutions, bien qu’encore en développement, montrent que des changements concrets sont possibles. « On peut recycler le CO2, on peut le réutiliser et c’est vraiment une question d’avenir », affirme la climatologue.
Les jeunes, porteurs d’idées audacieuses
Face à l’éco-anxiété croissante chez les jeunes, Célia Sapart mise sur leur créativité. Elle intervient régulièrement dans les écoles pour sensibiliser au changement climatique. La climatologue est souvent surprise. « Lors d’une pièce de théâtre, des enfants avaient imaginé des bus où les plus jeunes pédalent pour transporter les personnes âgées. Je pense que rien n’est assez fou pour changer les choses », sourit-elle.
La scientifique invite à se concentrer sur ce qui apporte vraiment de la joie. « Ce qui compte vraiment, ce qui nous fait du bien, ce n’est pas lié à l’empreinte carbone, c’est lié aux relations humaines, aux bons moments qu’on passe ensemble », conclut-elle. Un message d’espoir qui transforme la contrainte climatique en opportunité de vivre mieux.
Repenser notre rapport au CO2 et à la consommation
Et si ralentir et repenser notre consommation nous rendait finalement plus heureux? Comment transformer la peur climatique en élan créatif?
Pour Célia Sapart, le débat sur le CO2 dépasse la question des émissions. Il nous invite à interroger notre mode de vie. « Pourquoi avoir peur de perdre un système qui ne nous rend pas si heureux? Ce qui compte vraiment, ce sont les relations humaines, les moments partagés, la nature. Ralentir et consommer moins, c’est souvent meilleur pour notre santé mentale et physique », affirme-t-elle.
Le CO2, ce gaz à double face, incarne autant nos excès que notre capacité à innover. « Il peut être une ressource, un moteur pour une économie plus circulaire et durable », conclut-elle. Et si nous transformions notre regard, pour voir dans ce gaz non pas un problème, mais une opportunité d’agir et de rêver un monde meilleur?
Zoé Decker