Après avoir dénoncé en vain les prix «exorbitants» des billets de la Coupe du monde 2026 de football, qui aura lieu du 11 juin au 19 juillet au Canada, Etats-Unis et Mexique, l’organisation des supporters européens (FSE) a attaqué la Fédération internationale de football (FIFA) devant la Commission européenne, pour qu’elle renonce à ses procédures d’achat «opaques et déloyales».
Avec Euroconsumers, organisation représentant les consommateurs du continent, la FSE «a déposé une plainte officielle auprès de la Commission européenne contre la FIFA», pour avoir «abusé de sa position de monopole», indique l’association mardi dans un communiqué dont Le Temps a eu copie.
Mi-décembre déjà, l’association de supporters avait exhorté la FIFA à «engager une consultation» jusqu’à trouver «une solution respectant la tradition, l’universalité et la portée culturelle de la Coupe du monde».
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«Pour beaucoup, il s’agit d’une expérience unique dans une vie», insiste-t-elle mardi: aucun événement ne déplace des foules de supporters comme un Mondial de foot, d’autant que celui-ci accueillera pour la première fois 48 sélections.
Le billet à 60 dollars, un «appât»
La FSE se place désormais sur le terrain du droit européen de la concurrence, en estimant que la FIFA a «utilisé» son monopole sur la billetterie du Mondial «pour imposer aux supporters des conditions qui ne seraient jamais acceptables sur un marché concurrentiel».
FSE et Euroconsumers veulent que la Commission européenne ordonne à la FIFA de renoncer à sa «tarification dynamique» (un modèle qui fait varier le prix du billet en fonction de l’offre et de la demande), de «geler les prix» aux niveaux annoncés en décembre pour la prochaine phase de vente en avril, et de publier «au moins 48 heures avant» le nombre réel de billets restants dans chaque catégorie.
Dans leur plainte, les deux organisations relèvent «six abus spécifiques», à commencer par les prix «exorbitants, plus élevés que lors des éditions précédentes et supérieurs aux propres estimations de la FIFA».
Les billets les moins chers pour la finale commencent actuellement à 4185 dollars (3305 francs), selon elles, soit «plus de sept fois plus» qu’à la Coupe du monde 2022 au Qatar.
Elles dénoncent par ailleurs une «publicité appât» pour un billet à 60 dollars en phase de groupe, réponse de la FIFA aux critiques formulées en décembre mais «pratiquement épuisé avant l’ouverture des ventes au grand public», ainsi qu’une «tarification dynamique incontrôlée».
«104 éditions du Super Bowl»
Enfin, selon FSE et Euroconsumers, les règles de vente sont «opaques» puisque «l’emplacement des sièges, les plans des stades et même les équipes qui jouent ne sont pas garantis au moment de l’achat». Programmée aux Etats-Unis, l’équipe d’Iran a notamment demandé de faire déplacer ses matchs au Mexique.
Les deux organisations déplorent également que la FIFA utilise des «techniques de vente sous pression» et se paie aussi sur la revente éventuelle des billets – marché dont les prix sont en pleine explosion – en facturant 15% de frais.
Contactée par l’AFP, la FIFA n’a pas encore commenté le dépôt de cette plainte. Mi-février, après la deuxième phase de vente des billets, son patron Gianni Infantino s’était félicité de la demande sans précédent, assurant que les 104 matchs se joueraient «à guichets fermés». Selon lui, lors de cette phase, il y a eu «508 millions de demandes [de billets [en quatre semaines pour environ sept millions de billets disponibles, venant de plus de 200 pays dans le monde». «C’est comme si en un mois, vous aviez 104 éditions du Super Bowl», la finale du Championnat de football américain, l’événement sportif le plus regardé aux Etats-Unis, avait-il imagé. «Et évidemment, ça a une conséquence sur les prix.»