Le Louvre a dévoilé mardi les contours d’une « opération hors-normes » visant à restaurer les 24 tableaux du « Cycle de Marie de Médicis », peints au début du XVIIe siècle par Rubens, l’un des maîtres de la peinture flamande.
Un appel d’offres est en cours pour trouver deux groupements de restaurateurs qui interviendront en simultané, à partir de l’automne, sur un chantier estimé à quatre ans.
Cette étape arrive après dix ans de préparation, entre des études techniques et scientifiques préalables colossales, dont la réalisation de près de 3.000 plaques de radiographie, et la recherche du financement.
Le premier constat posé en 2016 avait conclu à un bilan sanitaire préoccupant, dont une altération des couches de vernis, désormais encrassées.
« Les ciels devraient être bleus, ils sont verdâtres. Les rouges sont complètement éteints. Donc il y a un problème de trahison de ce qui fait l’essence de la peinture de Rubens », a détaillé Sébastien Allard, directeur du département des peintures du Louvre.
La conservation des œuvres est aussi en péril en raison de « décollements de la couche picturale par rapport au support », a-t-il expliqué.
Pour raviver ces 290 m2 de peinture, le musée a pris l’option d’une restauration in situ.
La galerie Médicis sera fermée à partir de mai pour installer des équipements mais le musée prévoit de partager certaines coulisses de la restauration avec les visiteurs.
L’éclairage et la sécurité (caméras, barrières de mise à distance) de la galerie seront repensés à cette occasion.
L’opération globale est financée par le mécénat de la Société des Amis du Louvre, pour environ quatre millions d’euros.
Fruit d’une commande et exposé dans son intégralité en 1625 au palais du Luxembourg (actuel Sénat), « Le Cycle de Marie de Médicis » suit la chronologie de la vie de la reine de France, veuve de Henri IV et mère de Louis XIII.
« On peut définir +Le Cycle+ comme une vaste allégorie politique construite autour de la reine », résume Blaise Ducos, conservateur du patrimoine spécialiste des peintures flamandes au Louvre.
Les chefs-d’oeuvre de Pierre Paul Rubens (1577-1640) ont inspiré les générations suivantes, à commencer par Eugène Delacroix, dont les grands formats présents au Louvre bénéficient également d’un programme de restauration, bientôt achevé.
publié le 24 mars à 21h08, AFP
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