Le rockeur a prêté sa chanson Born in the USA à l’Union américaine pour les libertés civiles qui conteste un décret signé par le président américain sur la question.
Bruce Springsteen, premier opposant à la politique de Donald Trump. Mardi, le Boss s’est associé à l’Union américaine pour les libertés civiles (ACLU), pour contester l’examen de l’affaire « Trump contre Barbara » par la Cour suprême des États-Unis, le 1er avril. Le dossier découle d’un décret signé par le président américain en janvier, envisageant de redéfinir le 14e amendement pour restreindre l’octroi automatique de la citoyenneté américaine aux personnes nées sur le territoire de l’Oncle Sam.
Le décret a été bloqué par de nombreux tribunaux fédéraux à travers le pays, mais le dernier mot reviendra à la Cour suprême, la plus haute juridiction américaine, à majorité républicaine. Si cette dernière l’adopte, l’abrogation du droit du sol pourrait priver jusqu’à cinq millions d’enfants de la citoyenneté américaine. L’ACLU, fondée en 1920, explique sur son site Internet que « le 14e amendement garantit la citoyenneté aux enfants nés aux États-Unis » et que « le président Trump, qui s’en prend aux immigrants depuis son entrée en fonction, n’est pas au-dessus de la Constitution ».
Bruce Springsteen prête son Born in the USA
Pour faire entendre sa voix, l’association non gouvernementale, installée à New York, a fait appel à Bruce Springsteen, fervent opposant à Donald Trump. L’interprète de The River lui a donné son accord pour qu’elle puisse utiliser sa chanson Born in the USA dans une vidéo de sensibilisation où apparaissent des familles américaines susceptibles d’être impactés par l’abrogation du droit du sol. Selon l’ACLU, cet hymne patriote sorti en 1984 pour dénoncer les violences de la guerre au Viet Nam « saisit parfaitement les enjeux du débat, du danger et de l’espoir de notre époque ».
Le droit du sol est un terrain sacré pour ceux qui appartiennent à la communauté des droits civiques
Anthony S. Romero, directeur de l’ACLU, au Rolling Stone
Interrogé par le magazine Rolling Stone, le directeur de l’association Anthony D. Romero, a rappelé que « le droit du sol est un terrain sacré pour ceux qui appartiennent à la communauté des droits civiques » et qu’il témoigne de « la façon dont la population a affronté le péché originel de l’Amérique, l’esclavage, pour garantir d’être tous égaux ». L’ACLU a pensé à la musique de Bruce Springsteen après ses nombreux commentaires « courageux sur la situation du pays ». Elle a aussi été séduite par ses prises de paroles, en janvier dernier, sur les événements de Minneapolis, où deux citoyens américains ont été tués par des agents de l’ICE, la police de l’immigration américaine.
Bruce Springsteen, le poète des perdants d’une Amérique gagnée par Donald Trump
Le chanteur a sorti un morceau intitulé Streets of Minneapolis pour « répondre à la terreur d’État qui s’est abattue sur la ville » du Minnesota. Il avait alors dédié cette chanson à ses « voisins immigrés innocents et à la mémoire » des deux victimes. Quelques jours après cette sortie, le rockeur a annoncé le lancement d’une tournée de 20 concerts sur le territoire nord-américain, incluant des dates à Portland, San Francisco, Chicago, New York ou encore Washington. Bruce Springsteen a promis d’y envoyer « la cavalerie » pour faire honneur « à la démocratie, la liberté, la Constitution et le rêve américain sacré ».