La dernière fois que nous l’avions rencontrée à Bruxelles, elle était en promotion pour son livre « Libre » et elle clamait qu’on vit sa best life après 50 ans. La vie lui donne raison. Adriana est aujourd’hui follement amoureuse, toujours aussi splendide et à la fois différente. Sa coupe garçonne encadre son visage parfait et le met en évidence, dégage la boucle d’oreille en flèche de Cupidon. Un changement de look pas si anodin, n’est-ce pas ? « C’est vrai que mes longs cheveux ont été ma signature, surtout quand on fait un métier comme le mien. Mais là, je me suis permis cette liberté. Ça plaît ou pas, je m’en fiche. Moi, j’adore et c’est le principal ! »

Ainsi a commencé notre conversation en fin d’après-midi d’une journée où elle a enchaîné les interviews, fatiguée mais adorable, à l’écoute et généreuse. Marc Lavoine n’était pas dans son sillage mais on respirait sa présence dans l’air. Est-ce cette flamme qui lui a donné l’inspiration pour écrire cet ouvrage « Je t’aime parce que je t’aime et voilà tout » ? Eh bien apparemment pas : « J’ai rencontré beaucoup de personnes qui m’ont dit : « Tu es faite pour l’amour » et une personne qui m’a dit : « Tu ne comprends rien à l’amour. » Et cela m’a interpellée. L’amour est mon moteur depuis toujours. Et donc par curiosité, j’ai décidé d’explorer le sujet sous toutes ses facettes. J’ai invité plein de spécialistes, des médecins, sexologues, psychologues, psychiatres, philosophes pour mieux vivre l’expérience, et décortiquer ce sentiment universel. »


Ses blessures intérieures

Ses confidences s’entremêlent ainsi à des témoignages d’anonymes et aux analyses d’experts. Un travail journalistique à souligner qui nous emmène dans les multiples facettes de l’attachement, de la passion à l’emprise, du socle qui nous construit à celui, viscéral, qu’on expérimente dès le premier regard de son enfant. Adriana se livre cash, elle évoque les premières années complètement fusionnelles avec Nina, laissant de côté son couple. Que cette femme sublime puisse écrire qu’elle ne se trouvait pas jolie et qu’elle a mis du temps à s’aimer, se redresser est étonnant mais sincère.




Nina, sa fille.Nina, sa fille. – Instagram

Elle avait déjà parlé publiquement du mépris affiché par son père, de son enfance entachée par les reproches et humiliations subies par son géniteur. Ici, elle nous a confié les répercussions de ce vide : « Comment pouvais-je m’aimer alors que mon propre parent ne m’aimait pas ? J’ai été élevée avec l’idée que je ne servais à rien, que je ne serais rien. Mais j’ai été aussi élevée par des personnes aimantes, comme ma grand-mère. Quand j’étais enfant, il y avait ce combat intérieur en moi. Puis, j’ai grandi, je suis partie, j’ai fait un métier qui m’a permis de me lancer beaucoup de challenges et de défis, et cela a été fait de petites pierres grâce auxquelles je me suis reconstruite et j’ai commencé à m’aimer », nous a-t-elle raconté.


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Cette blessure intérieure lui a fait expérimenter une relation toxique qui l’a fait souffrir et a réfréné son désir d’avoir un enfant. Et puis, maman à 46 ans, la naissance de sa fille l’a transformée radicalement : « J’étais trop fière de moi. Je me suis dit : « J’ai créé un peuple ! » Et là, je ne pouvais mettre ma fille dans cette soupe de doutes. Je me suis dit : « Je veux que ma fille ait une maman forte, pas une maman victime. » Je pensais que pour que les gens m’aiment, il fallait que je sois parfaite. Je suis devenue plus indulgente vis-à-vis de moi-même grâce à Nina, et j’observe que cela change la donne pour tout le reste. »

En famille à Disney avec Nina et Roman, le fils de Marc.En famille à Disney avec Nina et Roman, le fils de Marc. – Instagram

Elle ne « rame plus seule »

Elle avoue aussi que l’écriture de ce livre l’a éclairée sur son passé amoureux : « Comme je n’existais pas enfant, je me suis adaptée, donc je me suis effacée. Je me suis rendu compte que je me suis comportée comme cela dans mes relations avec les hommes. J’ai toujours cherché des hommes à la forte personnalité et j’ai aimé cela. Je me suis toujours adaptée à eux et malheureusement, avec le temps, je me suis perdue. Je suis redevenue invisible comme quand j’étais enfant. »

Comment s’est-elle libérée de ce schéma ? « Cela s’est fait progressivement. J’avoue que je m’en suis rendu compte un peu trop tard… J’ai toujours un peu traîné mais je n’ai jamais perdu le cap, parce qu’il faut toujours se poser la question : « Est-ce que je suis heureuse là où je suis ? » S’il y a un doute, c’est qu’il n’y a plus de doute. » Et puis, elle défend aussi l’idée que l’amour est différent à chaque stade de la vie, parce que notre personnalité, nos besoins évoluent… « Ce que je vis maintenant, je n’avais pas idée que cela puisse exister », ajoute-t-elle, en s’illuminant.



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Sur les plateaux télé, en radio, elle a raconté comment, il y a vingt-sept ans, elle avait flashé sur Marc Lavoine. Ils ne s’étaient pas parlé mais elle avait ressenti que « ce mec était pour elle ». Puis ils ont fait leur chemin, cela a été un amour platonique, et son audace a fait qu’elle a provoqué la rencontre. Dans ce livre, Adriana ne le nomme pas une seule fois, elle s’attache à décrire ce qu’il lui apporte. Et ce chapitre est une anthologie des plus belles déclarations d’amour. Alors, est-ce celui-là le véritable amour, celui qu’on vit après des déceptions, des échecs, des passions ?

« Avec lui, je vis un amour apaisé, celui où on reste soi-même, où on ne se perd pas, où on n’essaie pas de plaire à tout prix, qui épanouit. Aujourd’hui, avec lui, je suis en paix, je n’ai aucune crainte, j’ai confiance, je me sens en sécurité, je me sens respectée, considérée. Cela m’a permis de comprendre ce qui me fait du bien ou pas. Je ne rame plus seule dans une barque, on rame ensemble, on regarde le futur au même endroit », nous a-t-elle confié. Et comment vivent-ils le fait que leurs sorties, leurs moindres faits et gestes soient scrutés ? « Il ne se passe pas un jour sans qu’on croise des gens qui nous disent en nous voyant combien c’est beau de voir l’amour. Cela nous fait plaisir. Lui comme moi, on est émus et touchés par ces mots. »

On ne pouvait terminer cette conversation sans cette question : « A quand le mariage ? » « Ah mais j’aime bien être mariée. Je suis peut-être un peu vieux jeu, mais pour moi cela veut dire : je t’aime pour la vie. Donc, pourquoi pas si quelqu’un me le demande… »

Bientôt dans un jeu télé

Vous la verrez bientôt dans l’émission « Les Traîtres », diffusée sur M6. A nos confrères français, Adriana a expliqué combien la participation à ce jeu et son tournage mouvementé n’ont pas été simples. « J’ai trouvé l’expérience intense, je dormais très peu. C’était parfois difficile de mentir, de trahir. C’est une expérience où on peut découvrir les facettes sombres de l’être humain », a-t-elle expliqué. Pourtant, Adriana n’est pas du genre froussarde, les émissions sous tension, elle connaît et elle apprécie. « J’aime bien les moments où ça secoue, où l’on se fait violence », avoue-t-elle. Et dans celui-ci, qu’en a-t-elle retenu : « J’ai découvert que j’étais quelqu’un de solide. »