Une étude révèle qu’un adulte de plus de 65 ans sur cinq renonce à des soins pour des raisons financières en Suisse, en particulier les soins dentaires, pas pris en charge par l’assurance maladie de base. Une proportion qui reste stable depuis 2017.
Cependant, l’étude – publiée dans l' »European Journal of Public Health » et menée par le laboratoire de santé publique de l’Université de Fribourg, la Swiss School of Public Health et la Haute Ecole de la Santé La Source – montre que 13% des plus de 65 ans renoncent également à d’autres soins, pourtant remboursés par l’assurance de base comme des médicaments, des consultations, des tests et des traitements.
Comment l’expliquer? « Lorsque l’année commence, la franchise et les quotes-parts sont des montants assez lourds pour les personnes à l’AVS qui ont des rentes très basses. Elles ont suffisamment de rentes pour ne pas avoir besoin d’aide publique, mais pas assez pour pallier des factures qui alourdiraient le budget », explique Carolina Urbina, coordinatrice romande la consultation sociale chez Pro Senectute, dans l’émission On en parle vendredi.
Un phénomène qui n’est pas nouveau, un écart qui s’agrandit
La situation actuelle a peu changé depuis 2017. En revanche, les chercheurs notent que plus le revenu est bas, plus le risque de renoncer à des soins est élevé, une corrélation qui s’est accentuée avec le temps.
Que faire si l’on a un budget serré pour les soins? « Les personnes au bénéfice de prestations complémentaires peuvent opter pour une franchise plus basse. Le problème se pose quand elles sont juste à la limite » répond Carolina Urbina, qui recommande de contacter les services sociaux de Pro Senectute de son canton. « La consultation est gratuite. Elle permet de trouver des solutions et d’octroyer des aides financières. »
La tranche d’âge des 65 à 79 ans davantage concernée
Toujours selon l’étude, les 65–79 ans renoncent davantage aux soins que les plus de 80 ans. Carolina Urbina émet une hypothèse quant aux raisons de cette différence. « Les personnes âgées de 80 ans et plus sont déjà suivies chez le généraliste. C’est aussi un moyen pour elles de couper l’isolement social.
De leur côté, les personnes âgées entre 65 et 79 ans se sentent encore jeunes et se disent qu’elles peuvent attendre avant d’aller chez le médecin. Pourtant, les personnes qui renoncent à des soins risquent de voir leur santé péjorée et de se retrouver dans des situations encore plus compliquées qu’au départ », conclut Carolina Urbina.
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Sujet radio: Marie Tschumi
Adaptation web: Myriam Semaani