Parrain de l’exposition « Même pas peur! » du festival Série Mania qui se tient jusqu’au 27 mars à Lille (F) et auréolé de la diffusion sur place du premier épisode de la série « Le signal – 149 kHz » adaptée de son roman, l’auteur de thrillers Maxime Chattam a ravi ses nombreux fans samedi lors d’une masterclass.

Connu pour sa terriblement violente et effrayante « Trilogie du mal », adoré pour sa saga post-apocalyptique « L’autre monde », Maxime Chattam est l’un des invités de prestige de l’édition 2026 du festival Séries Mania.

Lui qui avoue son admiration pour « The Child » ou « The Wire », qui crie sa détestation de « Lost », « une série concept de scénariste qui se fout de la gueule du monde », selon ses dires sur la scène du Théâtre du Nord samedi à Lille (F), est un vrai sérievore. Source d’inspiration, les séries l’aident à peaufiner la structure de certains romans. Sa pratique des jeux de rôle lui est également primordiale, car, pour lui, le jeu de rôle est l’école de la structuration de l’imaginaire.

Terrorisé dans sa jeunesse par « Alien » au cinéma alors que « L’exorciste » l’a laissé de marbre, admirateur de Stephen King pour sa force à faire basculer un quotidien banal dans l’horreur sans forcément taquiner le fantastique, Maxime Chattam s’est généreusement livré durant sa masterclass, rappelant au passage que lorsqu’il décide d’embarquer un lecteur dans un récit violent, il ne va pas faire semblant. Même s’il n’est pas question de lénifier la violence, il veut rester dur, tout ça pour répondre à cette inlassable question qu’il se pose: « Est-ce que le mal existe et si oui, c’est quoi le mal? »

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L’âme humaine dans ce qu’elle a de plus sombre

Romancier aux plus de dix millions de livres vendus rien qu’en France, Maxime Chattam s’est imposé dans le paysage français comme un incontournable de la peur, de l’horreur et du thriller, c’est peut-être grâce à ce chat qui le sauva d’un berger allemand aux crocs menaçants, un évènement d’enfance traumatisant qui aurait agi inconsciemment pour l’amener, adulte, à sonder la peur sous toutes ses formes dans ses bouquins. Quand on lui demande aujourd’hui s’il éprouve encore de la peur, il répond par l’affirmative, même si elle a changé de registre.

Aujourd’hui, notre monde se durcit. Le dialogue est réduit à néant et la vertu du débat et de la différence, pourtant source d’enrichissement, n’existe plus. Quand l’autre devient un ennemi à détruire ou à convaincre plutôt qu’un moyen de s’ouvrir, ce monde-là m’effraie.

Maxime Chattam, auteur de polars

Maxime Chattam, explorateur de l’âme humaine dans ce qu’elle a de plus sombre, n’a pas son pareil pour inventer des intrigues qui se dévorent à l’instar du très efficace « Prime Time », la prise d’otage d’un journaliste sur le plateau TV du 20h.

>> A lire aussi: : « Prime Time » de Maxime Chattam, suffocante prise d’otage en direct à la télévision

Une précision chirurgicale dans l’écriture

S’il avoue être matérialiste et ne pas croire aux fantômes ou à l’âme, dans « 8,2 secondes », son dernier roman où une âme recherche la lumière libératrice, ses personnages doivent y croire, d’où une précision chirurgicale dans son écriture pour documenter ce qu’ils vivent et ressentent.

« 8,2 secondes » s’articule autour d’une traque au GML, dit le Grand Méchant Loup, un serial killer terrifiant qui chasse dans les rues de New York depuis des lustres sans être inquiété. En parallèle, Constance, scénariste endeuillée au vert à la campagne et hantée par d’étranges sensations et visions, va découvrir le passé sataniste de ses aïeux décédés.

Ce récit qui mêle surnaturel, drame intime et thriller psychologique pourrait largement être adapté à l’écran comme « Le signal », devenu une série produite par Gaumont et Paramount+. Et dire qu’au début, Maxime Chattam a hésité à céder les droits de son livre pour qu’il devienne un autre objet culturel.

Ils sont arrivés avec les bons arguments, une vision nouvelle qui m’a donné envie de voir ce que ça allait donner. La peur de lâcher mon bébé s’est estompée et c’est tant mieux! 

Maxime Chattam, auteur de polars Un caméo dans la série « Le signal – 149 kHz »

Dans « Le signal– 149 kHz », une star de la radio, son mari médecin et leur fille adepte de traque aux fantômes débarquent sur une petite île bretonne pour démarrer une nouvelle vie. Très vite, l’ado capte un signal étrange sur ses appareils électroniques alors que des villageois se suicident de manière violente et sans raison apparente.

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Toute en tension, suggérant la peur plutôt que de la montrer frontalement, la série flanque les foins. Une réussite selon Chattam lui-même. Pour la blague, il y va d’un caméo qui fera marrer ses admirateurs. Vivement une future adaptation d’un de ses livres, ou mieux une série créée par ses soins.

Philippe Congiusti/aq