Le nouveau procureur général fribourgeois a falt le point jeudi dans La Matinale sur l’enquête concernant le drame de Chiètres. Celle-ci « va certainement aboutir à un classement », a déclaré Raphaël Bourquin.
Un peu plus de deux mois après son entrée en fonction, Raphaël Bourquin a eu à gérer le dramatique incendie du car postal qui a fait six morts, dont le sexagénaire instable psychologiquement qui s’est immolé. « Une tragédie émotionnellement très marquante », décrit le procureur général du canton de Fribourg.
L’enquête se poursuit, deux semaines après les faits. « Nous continuons les auditions, notamment de l’entourage de l’auteur, afin d’éventuellement trouver son mobile. Nous rassemblons les documents médicaux pour nous faire une meilleure idée de son profil. »
Disparu de l’hôpital
L’homme de 65 ans faisait l’objet d’un avis de recherche du canton de Berne, où il était domicilié. Il avait été signalé disparu d’un hôpital en début d’après-midi le jour du drame.
La police cantonale bernoise a déclaré le lendemain n’avoir relevé « aucun indice laissant supposer un danger potentiel ».
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« Cette personne n’était pas internée psychiatriquement », indique de son côté Raphaël Bourquin. Cet homme « se trouvait volontairement à l’hôpital pour des problèmes physiques. L’hôpital a estimé qu’il fallait aviser la famille et la police parce qu’il n’était pas revenu après être sorti le matin. Des mesures de police ont été prises – des mesures tout à fait proportionnées et standards dans ce genre de cas », détaille le procureur général fribourgeois.
Nous devons répondre à toutes les questions que ces familles se posent
Raphaël Bourquin, procureur général du canton de Fribourg
Un autre pan des investigations porte sur l’embrasement du véhicule en moins d’une minute. Le car, en mouvement, a dû s’arrêter pour ouvrir ses portes, ce qui a provoqué un appel d’air qui a attisé le feu.
Une expertise a été confiée à une entreprise externe spécialisée dans la circulation routière et à l’Ecole des sciences criminelles. Cette analyse doit aussi déterminer si l’exploitant Car Postal a respecté toutes les normes de sécurité.
Un car postal circule devant les fleurs et les bougies déposées à l’endroit du drame. [© KEYSTONE / JEAN-CHRISTOPHE BOTT – JEAN-CHRISTOPHE BOTT] Pas de classement avant d’avoir toutes les réponses
Raphaël Bourquin souligne que l’enquête devrait se terminer par un classement. Mais il faut avant cela que « toute la lumière soit faite sur cette affaire ». Les enquêteurs se demandent également si une autre personne est impliquée.
Et de conclure: « Pour les victimes et leurs familles, nous devons répondre à toutes les questions que ces familles se posent. C’est pour cela que nous continuons l’enquête jusqu’au bout. »
Propos recueillis par Pietro Bugnon
Texte: Antoine Michel