Le 24 mars, lors de l’événement « Ignition », la Nasa a dévoilé ses nouvelles orientations stratégiques en matière d’exploration lunaire. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du décret sur la politique spatiale des États-Unis, signé par Donald Trump en décembre 2025, qui vise à redéfinir le rôle américain dans l’exploration spatiale et à garantir sa suprématie dans ce domaine pour les années à venir.
Changement de cap pour la Nasa
« Ignition » marque un tournant significatif pour la Nasa, qui choisit de concentrer ses efforts sur la Lune et l’orbite terrestre basse, reléguant Mars au second plan. L’objectif est désormais d’allouer un budget de 20 milliards de dollars sur les sept prochaines années pour bâtir une base permanente à la surface de la Lune.

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Cette évolution devrait avoir des conséquences importantes tant sur l’avenir de l’exploration robotique qu’humaine, ainsi que sur les partenariats internationaux de l’agence.
To build a sustained human presence on the Moon, we are building @NASAMoonBase, prioritizing surface operations and scalable infrastructure.
– Frequent robotic landings and mobility testing including MoonFall drones
– Starting in 2027 nearly monthly cadence of equipment and… pic.twitter.com/3T00Y450kO
— NASA Administrator Jared Isaacman (@NASAAdmin) March 24, 2026Retour sur la Lune : une priorité renouvelée
Le programme Artemis, qui ambitionne de ramener des astronautes sur la Lune, est renforcé par un calendrier audacieux de missions robotiques et humaines. Après 2027, date du retour des Américains sur la Lune avec Artemis IV, la Nasa prévoit d’effectuer au moins une mission habitée chaque année sur la Lune et jusqu’à une mission tous les six mois si l’on compte les missions robotiques. Une cadence élevée qui s’explique par la volonté de la Nasa de construire une base lunaire permanente.
Dans ce contexte, la Nasa abandonne le Gateway dans sa forme actuelle pour se concentrer sur des infrastructures facilitant les opérations de surface sur la Lune. Les modules du Gateway, réalisés par l’Europe, ne sont pour l’instant pas abandonnés, mais la Nasa fait le pari qu’ils pourront être adaptés pour une utilisation sur la Lune. Mais rien n’est moins sur et nous aurons l’occasion d’y revenir très bientôt.

La Nasa souhaite s’installer durablement sur la Lune et construire une base pour y vivre et travailler. © Nasa
Pour faire fonctionner cette future base, la Nasa envisage l’utilisation de systèmes de production d’énergie « nucléaire », comme y travaille déjà l’Italie avec son projet Selene. Cette technologie est la seule capable de produire une source d’énergie constante, permettant de ne pas dépendre uniquement de l’ensoleillement et d’éviter une localisation forcée près des pôles où certaines zones sont toujours éclairées.

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La Nasa prévoit aussi d’utiliser plus fréquemment la propulsion nucléaire pour ses missions robotiques. Ce type de propulsion promet des missions plus efficaces et pourrait révolutionner l’exploration spatiale, facilitant des voyages vers des destinations lointaines comme Mars et les planètes du système externe.
Assurer la présence américaine en orbite basse
En parallèle de ses ambitions lunaires, la Nasa met un accent particulier sur l’orbite terrestre basse (LEO), où elle souhaite réussir la transition entre l’abandon de la Station spatiale internationale et le développement de stations commerciales, une étape jugée essentielle pour garantir la présence américaine en orbite basse.
Pour les États-Unis, le LEO est stratégique. Futur lieu de conflictualité et de développement économique, l’utilisation de l’orbite basse promet des débouchés économiques importants et devrait voir la création de nouvelles activités.
L’importance de cette présence humaine en orbite basse est également renforcée par le besoin des États-Unis de développer une défense anti-missile depuis l’espace et d’accroître leurs capacités de surveillance des armements dans l’espace.