pour ou contre ?•
Un manifestant avec une pancarte « »Loft Story » c’est… de la merde » devant les studios de la Plaine Saint-Denis. - MORRIS RAYMOND/SIPA
Christelle Pellissier
Publié le 27/03/2026 à 14h08 • Mis à jour le 27/03/2026 à 16h30
«Qu’on parle de moi en bien ou en mal, peu importe. L’essentiel, c’est qu’on parle de moi ! ». Généralement attribué à Léon Zitrone, cet adage bien connu pourrait également concerner Loft Story, émission culte dont la première édition a été remportée par Christophe Mercy et Loana Petrucciani, décédée ce mercredi 25 mars.
Aujourd’hui devenu culte, le programme a coupé, dès son lancement en 2001, la France en deux. D’un côté, les admirateurs qui y voyaient tour à tour un divertissement rafraîchissant, un phénomène de société ou un bouleversement du paysage audiovisuel. De l’autre, les détracteurs qui évoquaient du voyeurisme, une culture du vide, une « télé-poubelle », voire « une forme de proxénétisme ». Des mots forts employés par des visages bien connus des mondes des médias et de la politique (pas de spoiler, tout est dans le diapo).
Alors que des jeunes débriefaient chaque jour la quotidienne de la veille, ou se réunissaient chaque semaine pour découvrir celui ou celle qui allait quitter l’aventure, des anti-Loft Story manifestaient devant les studios de la plaine Saint-Denis ou les locaux de M6. Une opération baptisée « Loft Raider » a même été lancée par une télévision associative pour « libérer les otages » de l’émission.
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Des polémiques, critiques et autres réactions que vous pouvez (re)découvrir ici et maintenant en images.
L’entrée dans le « Loft » de Kenza, Delphine, Loana, Julie et Laure. - MORRIS RAYMOND/SIPA / SIPA
Le 26 avril 2001, une émission basée sur un nouveau concept déboule en France. Des candidats célibataires inconnus vont être coupés du monde, enfermés dans un loft, et filmés 24 h/24. C’est la première saison de Loft Story, qui va susciter curiosité, hystérie, critiques et polémiques.
Des jeunes heureux de l’issue du prime time de « Loft Story ». - LECARPENTIER/SIPA / SIPA
Quelque 5 millions de téléspectateurs sont devant leur écran le soir de la première de cette téléréalité, le 26 avril. Loft Story devient un rendez-vous, les jeunes se réunissant chaque semaine pour découvrir qui sera éliminé. Les audiences grimpent, aidées – entre autres – par une scène « de la piscine » devenue culte – pour atteindre plus de 7 millions de téléspectateurs en moyenne le soir de la finale, avec un pic à plus de 11 millions.
Un manifestant avec une pancarte « »Loft Story » c’est… de la merde » devant les studios de la Plaine Saint-Denis. - MORRIS RAYMOND/SIPA / SIPA
L’émission ne séduit toutefois pas tout le monde, certains y voyant une culture du vide abrutissant la jeunesse. Des manifestations sont organisées devant les studios pour réclamer l’arrêt du programme. Le Comité permanent pour l’information et la communication de la Conférence des Evêques de France (COPIC) y va même de son communiqué, estimant que les candidats y sont « traités comme les cobayes d’un savant fou ».
A son lancement, « Loft Story » fait la une des journaux français. - /SIPA / SIPA
Les médias s’emparent du phénomène Loft Story, illustrant parfaitement cette France coupée en deux. D’un côté, des unes titrant « La moitié les regarde », « La France s’enflamme » ou « Loft Story, La Folie ». De l’autre, « Voyeurs, à vos écrans », « Le triomphe du voyeurisme » ou « Cobayes ou héros ».
Un groupe de femmes de la maison de retraite « Les Résidences de Touraine ». - ALAIN JOCARD / AFP / AFP
Les manifestations à répétition n’y font rien, et le Loft emporte tout sur son passage. Si l’émission séduit avant tout les jeunes, elle apparaît comme un divertissement intergénérationnel jusqu’à s’inviter dans les maisons de retraite.
Une manifestation contre « Loft Story » devant le siège de M6. - NIKO/SIPA / SIPA
Peu de temps après le lancement du programme, en mai 2001, une manifestation à l’initiative du collectif « Souriez, vous êtes filmés » éclate devant le siège de M6 à Neuilly-sur-Seine. Poubelles et nourriture sont jetées devant les portes en guise de protestation, les manifestants souhaitant la sortie des candidats. Et restera dans les annales ce slogan : « Libérons (au moins) les poules ».
Des actions initiées par des opposants à l’émission « Loft Story » sont organisées dans toute la France. - TSCHAEN/SIPA / SIPA
Neuilly-sur-Seine et la Seine-Saint-Denis, où se trouvent le siège de M6 et les studios de l’émission, ne sont pas les seuls théâtres des actions anti-Loft. Ici, à Marseille, des poubelles sont jetées devant l’antenne régionale de la chaîne.
« Loft Story » diffusée dans une discothèque à Rouen. - MEHDI FEDOUACH / AFP / AFP
Qu’on aime ou qu’on déteste, Loft Story est bel et bien un phénomène de société. Impossible de passer à côté de l’émission, encore moins des prime time qui s’invitent jusqu’en discothèques, comme ici à Rouen.
Patrick Le Lay et Etienne Mougeotte pour les dix ans de LCI en 2004. - MEIGNEUX/LYDIE/SIPA / SIPA
Face au succès de Loft Story, les concurrents s’agacent. En 2001, Patrick Le Lay, PDG de TF1, et Etienne Mougeotte, vice-président du groupe, montent régulièrement au créneau qualifiant le programme de « télé-poubelle ». Dans une tribune publiée dans Le Monde, le premier parlera de « Loft Story et ses sous-produits pornographiques ».
Loana et Christophe à leur sortie de « Loft Story ». - NIVIERE/VILLARD/SIPA / SIPA
L’engouement pour la première saison de Loft Story se confirme le soir de la grande finale – et après. Loana, décédée mercredi 25 mars, et Christophe, les deux grands gagnants, défilent comme des stars dans les rues de Paris, acclamés par les fans et les curieux et poursuivis par les photographes.
Benjamin Castaldi s’est fait connaître en présentant l’émission « Loft Story ». - HADJ/SIPA / SIPA
Benjamin Castaldi, qui a présenté les deux saisons de l’émission, s’est fréquemment exprimé dans les médias sur les menaces de mort reçues pendant la diffusion de Loft Story.
Une opération « Loft Raider » est lancée devant les studios de « Loft Story ». - SEL AHMET/SIPA / SIPA
Toujours en mai 2001, une opération « Loft Raider » est lancée devant les studios de l’émission Loft Story à l’appel d’une télévision associative. L’objectif est simple (quoique) : « libérer les otages », autrement dit les candidats enfermés et filmés toute la journée.
Ségolène Royal arrive à un Conseil des Ministres en 2002. - FACELLY/SIPA / SIPA
Les politiques s’en mêlent également. Alors ministre déléguée à la Famille, Ségolène Royal critique vivement le programme de M6 alors que débute la deuxième saison, en 2002. « Si on pousse jusqu’au bout le raisonnement, à partir du moment où on met en scène des jeunes qui, pour gagner de l’argent, passent à l’acte sexuel devant les caméras, on peut se poser la question de savoir si finalement M6 ne s’apparente pas à une forme de proxénétisme », a-t-elle déclaré sur Europe 1.
Le casting de la saison 2 de « Loft Story ». - LECARPENTIER/SIPA / SIPA
Les critiques et polémiques n’empêchent pas le phénomène d’exploser. En témoigne la multitude de candidats disposés à rejoindre le désormais célèbre loft de la Plaine Saint-Denis pour la deuxième saison. Suivront des dizaines de téléréalité, basées ou non sur le même concept d’enfermement, des Anges de la téléréalité à Secret Story en passant par Les Marseillais.
comparatif•2 mars 2026
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