L’image a marqué toute une génération de téléspectateurs. Le
1er juin 1998, en plein bulletin
météo
de TF1, Alain Gillot-Pétré s’interrompt
soudain, le visage fermé, avant de lâcher dans un souffle : « Je ne
peux plus… Excusez moi », sous les yeux de plusieurs millions de
Français. Quelques secondes plus tard, l’antenne se coupe, laissant
un silence glacé dans les salons.

Ce soir-là, le chouchou de la météo, qui en est à son 8 986e
bulletin, n’est plus seulement le trublion souriant des cartes
isobariques. Derrière le décor de
TF1
, il est déjà atteint d’un cancer qu’il
tente de cacher. Ce malaise en direct devient alors le moment où la
maladie le rattrape au grand jour, bien avant que le public ne
comprenne vraiment ce qui se joue. Voir la vidéo
ci-dessous.

Le jour où le malaise en direct d’Alain Gillot-Pétré a figé la
France

Ce 1er juin, tout a pourtant commencé comme une météo presque
ordinaire. Alain Gillot-Pétré entame son bulletin, tente de garder
le sourire, puis se sent vaciller. Il s’interrompt une première
fois, souffle « Je ne peux plus… Excusez moi », avant d’essayer de
reprendre. Quelques instants plus tard, il insiste : « Non, je ne
peux plus », et la régie coupe brutalement la diffusion. Devant leur
écran, environ cinq millions de téléspectateurs restent pétrifiés,
tandis que les équipes de TF1 parlent d’un simple malaise et d’un
coup de fatigue pour rassurer. En réalité, le corps du présentateur
vient de dire haut ce que lui s’acharnait à taire.

© TF1

Les confidences d’Alain Gillot-Pétré après le malaise

Il a fallu attendre plusieurs mois pour le revoir à l’antenne,
le crâne rasé par la chimiothérapie, signe visible de ce combat
qu’il menait en coulisses. Revenant sur cet épisode, il a admis :
« Beaucoup de gens m’ont écrit et m’ont dit : ‘On croyait que vous
faisiez une blague' », raconte Alain Gillot-Pétré, invité de Canal+.
Puis il a rectifié, avec une gravité inhabituelle chez lui : « Je
n’aurais jamais fait une blague comme ça. On ne joue pas avec un
homme qui tombe. Ce n’est pas drôle un homme qui tombe. » Ces
phrases, à mille lieues de son humour habituel, montrent combien ce
« malaise en direct » l’a marqué autant que ses fidèles.

De l’an 2000 rêvé aux mots déchirants
de Claire Chazal pour Alain Gillot-Pétré

Alain Gillot-Pétré rêvait de voir l’an 2000 et le troisième
millénaire, il en parlait souvent en préparant ses cartes. Il est
finalement mort le 31 décembre 1999, à 49 ans, dix-huit mois après
ce bulletin où son cancer l’avait rattrapé en plein direct. Ce
soir-là, il aurait dû présenter le dernier bulletin météo de
l’année, malgré une maladie contre laquelle il se battait depuis
deux ans. Au 20 heures, son amie Claire Chazal lui rend hommage en
direct : « Il aurait dû, à cette minute même, être à l’antenne pour
vous présenter le dernier bulletin météo de l’année. Car malgré la
maladie contre laquelle il luttait avec énormément de courage
depuis deux ans, il avait tenu à être là. Et ce soir, il nous
manque », annonce, très émue, Claire Chazal sur le plateau du
journal de 20 heures de TF1.

Sources