Make-up artist, facialiste, coiffeur… Ces cinq talents se sont imposés dans leur domaine. Novateurs, ils réinventent la culture du beau.

Charly Salvator : le complice des peaux matures

Le maquilleur Charly Salvator est suivi par 870 000 abonnés sur Instagram.
instagram

L’effet Charly ? Des ruptures de stock de fonds de teint, de blushs, d’anticernes… dès que le maquilleur (870 000 abonnés sur Instagram) en vante les mérites dans une de ses vidéos. Celui qui s’est pris de passion pour la beauté lors d’un stage chez Sephora a fait ses armes entre la France et l’Australie pour des marques comme By Terry, Chanel, Laura Mercier, Dolce & Gabbana et Nars, notamment à la formation. Lorsqu’il perd son meilleur ami d’un cancer, il y a deux ans, il occupe alors son esprit et trompe sa tristesse en publiant des lives où il partage ses conseils.

Qu’est-ce qui fait votre différence, à votre avis ?


Passer la publicité

Sur les réseaux sociaux, ce sont souvent des « petits jeunes » qui prennent la parole, ou des personnes très maquillées. En parlant avec naturel des peaux matures et du maquillage qui embellit, j’ai trouvé un créneau. Et je crois que ma personnalité touche aussi ma communauté : une forme de sincérité et de spontanéité que les gens devinent à travers l’écran. Ma franchise reste d’ailleurs un critère essentiel dans mon partenariat avec les marques.

Y a-t-il une époque qui vous inspire en particulier ?

Étrangement, les années 2020 ! Hailey Bieber a imposé cette tendance du make-up soin à peine perceptible. À mes yeux, le maquillage est là pour sublimer, non pour transformer. J’aime aussi les années 1990 et ses supermodèles, Cindy Crawford, Naomi Campbell… Cette esthétique, c’est toute mon adolescence.

Où vous voyez-vous dans cinq ou dix ans ?

J’aimerais créer ma propre marque, mais pas forcément de maquillage. Elle pourra se porter sur du skincare ou du parfum, mon autre passion. En tout cas, ce sera dans la beauté, c’est sûr. Et d’ici-là, j’aimerais lancer mes master class, cela me semble la suite logique.


Passer la publicité

L’innovation qui révolutionnerait le make-up ?

L’une des questions que l’on me pose le plus, c’est comment trouver la bonne couleur de fond de teint. Donc un outil qui l’identifierait facilement. Je rêve aussi de produits qui conviendraient à tous types de peau, car cela rendrait le maquillage plus accessible. Tout le monde aime le make-up, mais le frein, c’est la question du (bon) choix.

@charlysalvator

Olivia de Rothschild : l’héritière engagée

Olivia de Rothschild est directeur artistique de la maison de parfims Caron.
Fanny de gouville // modds

À 23 ans, Olivia de Rothschild n’a pas perdu de temps. Cette passionnée de design partage son temps entre la maison de parfums Caron, dont elle a repris la direction artistique en 2023, et sa plateforme Olis’Lab, qui vise à rendre la beauté plus consciente et plus lisible. Hyperactive, elle se lève tous les jours à 6 h 30, sous les sollicitations de son chien Tic-Tac, pour rejoindre l’ancien bureau de son père, au dernier étage de la banque familiale. Son ambition ? Multiplier les projets qui ont du sens pour « rendre ce qu’on lui a donné ».

D’où vient votre sensibilité à la beauté ?


Passer la publicité

J’ai grandi dans la salle de bains familiale, mon point de ralliement féminin. J’observais ma mère, que j’admire, se préparer. J’ai forcément eu envie de l’imiter. Je suis aussi très proche de mes sœurs, qui ont toutes les cheveux bouclés, je les aidais à trouver comment en prendre soin. Ces moments de complicité ont été le point de départ.

Qu’est-ce qui fait votre différence ?

J’aime profondément résoudre des problèmes. Oli’s Lab est né de l’envie de simplifier les routines skincare. Chez Caron, je voulais rendre justice à une maison au patrimoine extraordinaire. Ce n’était pas juste qu’elle ne rayonne pas. On m’a toujours appris à rester fidèle à mes convictions.

Où vous voyez-vous dans dix ans ?

Dans le même bureau, entourée des mêmes personnes. J’espère continuer à être stimulée par de beaux projets qui ont du sens, comme notre collaboration avec Ginata, l’écurie de voile familiale, ou Les Formes Libres, objets de design pour Caron. J’aime l’idée de contribuer à un cercle vertueux.

Un produit de beauté qu’il faudrait inventer ?

Je rêve d’un all in one efficace et glamour. Comme toutes les femmes, je pense !

@olivia_de_roths

Alessandro Cirino : l’architecte du visage

Alessandro Cirino est devenu le masseur préféré des célébrités.
presse

Ancien coach sportif, Alessandro Cirino est un fou de muscles. Après s’être formé à la méthode Renata França, il développe son approche «d’architecture du visage» pour dénouer les tensions, et devient le masseur préféré des célébrités. Il vient d’être nommé ambassadeur de la marque de beauty-tech Lauvée. Lorsqu’il n’officie pas aux Golden Globes ou au Met Gala, il œuvre dans son studio parisien partagé avec sa compagne, Magali. L’adresse, qui s’est faite par le bouche-à-oreille, ne désemplit pas.

Qu’est-ce qui vous inspire ?

J’ai beaucoup lu sur les muscles et je voyage énormément pour découvrir différentes techniques. Je suis passé par le Canada, l’Italie… J’ai aussi la chance d’avoir une femme facialiste. Même si on a des regards différents, on échange pour savoir comment optimiser les mouvements. C’est très stimulant. Je m’entraîne beaucoup sur elle.

Qu’amenez-vous de nouveau à votre pratique ?

Ma démarche est préventive et musculaire. J’invite les personnes à se connaître, à apprendre à sentir leur visage. L’intention compte autant que la technique. Quand on fait des massages, on doit savoir où on est avec nos mains, avec nos doigts, ce que l’on veut faire et où on veut arriver.

Quel est votre soin signature ?

Le massage qui m’a propulsé, le Sculpting Blueprint : un travail architectural pour « libérer » le visage. Il y a six mois, j’en ai créé un deuxième, le Reverse Lift, qui commence par les mains et remonte à travers les bras et les trapèzes. Mais l’intrabuccal reste selon moi la meilleure technique pour donner un effet lifting instantané.

Un produit de beauté qu’il faudrait inventer ?

Nous cherchons toujours mieux, mais il faut éviter d’utiliser trop d’actifs, car cela crée une hypersensibilité de la peau. Trouvez la formule qui vous convient et gardez-la !

@m.a.s.c_studio

Rudy Marmet : le sculpteur capillaire

Rudy Marmet, maestro des ciseaux, a imaginé le carré iconique d’Angèle ou la coupe Wolf Cut de Marion Cotillard.
Instagram

Le carré iconique d’Angèle ou la coupe Wolf Cut de Marion Cotillard, c’est lui. Rudy Marmet, maestro des ciseaux, compte parmi les coiffeurs les plus prisés de la capitale et se démarque par son style élégant, pointu et intuitif. Plus qu’une coupe, il cherche une émotion, un mouvement, une signature unique pour chaque look. Barbie fut sa première muse, sa plus grande fierté aujourd’hui est de pouvoir vivre de son rêve d’enfant.

Y a-t-il une époque qui vous inspire particulièrement ?

Les cheveux soyeux des années 1960 et 1970, les crans audacieux des Années folles, la créativité des années 1980… À 6 ans, j’admirais les mèches colorées des Spice Girls et les longueurs rousses flamboyantes de Mylène Farmer. Elles m’ont montré que la coiffure pouvait devenir une signature artistique.

Vous êtes un habitué des pages de Madame Figaro. Pourriez-vous nous raconter un souvenir marquant ?

Je me souviens d’un shooting où l’énergie était incroyable, tout le monde formait un véritable orchestre. Je devais ajuster les cheveux au millimètre, jouer avec le volume et la lumière… Le modèle m’a confié que sa coiffure avait complètement transformé son regard, sa posture. C’est dans ces moments-là que je mesure le vrai pouvoir de ma discipline.

La coiffure dont vous êtes le plus fier ?

Le carré d’Angèle a été un succès particulièrement surprenant. Ce qui m’a frappé, c’est la manière dont elle se l’est approprié, avec confiance et personnalité.

Un produit de beauté qu’il faudrait inventer ?

Une formule capable de stimuler la repousse tout en renforçant réellement la fibre capillaire. Idéalement, végane, écologique, respectueuse du cuir chevelu et de l’environnement.

@rudymarmet

Ruby Mazuel : la magicienne des couleurs

La make-up artiste Ruby Mazuel collabore avec des musées et traduit les œuvres d’art en maquillage.
Instagram

Ruby Mazuel saisit ses premiers pinceaux à 15 ans. Très vite, elle vit de sa passion au contact d’artistes, notamment issus du milieu de la musique, jusqu’à sa rencontre décisive avec Angèle. Son approche est holistique et singulière. Caméléon créatif, elle collabore avec des musées, traduit les œuvres d’art en maquillage et donne des cours pour transmettre son savoir. Elle voit sa discipline comme un terrain de jeu qui invite à lâcher prise et à oser.

D’où vient votre goût pour le maquillage ?

D’un mélange d’influences. Le patinage artistique et le monde du spectacle, un père féru de photographie, une grande maquilleuse anglaise dans mon entourage… Et depuis toujours, mon amour du dessin et des couleurs. J’aime être au service des autres, les faire se sentir en confiance, créer de beaux souvenirs et de belles images.

Qu’apportez-vous de neuf au monde de la beauté ?

Je crée le lien entre l’art et la beauté. Ruby’s Kitchen est un concept de vidéos que j’ai lancé il y a un an, dans lequel je traduis des œuvres en maquillage pour rendre l’art plus accessible. Mes master class me permettent de partager mon univers. Dévoiler mes produits indispensables, mes techniques et mon parcours me plaît de plus en plus.

Quel est le maquillage dont vous êtes le plus fière ?

Difficile d’en choisir un seul. Je dirais une série personnelle inspirée d’estampes de l’époque Edo au Japon, réalisée avec le photographe Kévin Drelon. Et mon premier Met Gala en 2023, avec Angèle : un eye-liner fumé, touche 90’s en hommage aux shows de Karl Lagerfeld.

Un produit de beauté qu’il faudrait inventer ?

Un gloss léger qui conserve sa brillance et sa laque toute la journée, sans migrer.

@rubymazuel