Le Centre universitaire de médecine générale et santé publique Unisanté vient de lancer une étude auprès de 25’000 jeunes de 16 à 26 ans, la première de cette ampleur en Suisse. Elle vise à mieux comprendre les sexualités, les relations et l’intimité des jeunes.

La dernière étude sur le sujet a été réalisée en 2017 et ne portait que sur les jeunes adultes de 24 à 26 ans. Il y a donc un manque de données sur la sexualité, l’intimité et les relations des jeunes en général, estime Yara Barrense-Dias, responsable de recherche santé des jeunes et santé sexuelle à Unisanté, qui dirige la nouvelle étude nationale.

Pour elle, il est temps de recueillir de nouvelles données, notamment en raison du contexte actuel. « Il y a beaucoup de mouvement sociaux et sociétaux liés à la libéralisation de la parole, qui essaient de lever certains tabous. Et en même temps, il y a des attaques contre les droits sexuels et reproductifs, notamment contre l’éducation sexuelle », note la responsable dans le 12h30 de la RTS.

Des données correspondant aux besoins

Avec cette nouvelle recherche, Unisanté veut obtenir des chiffres et observer les évolutions par rapport à 2017 en termes de pratiques, de problématiques et de ressources.

Selon Yara Barrense-Dias, il est important d’avoir des données pertinentes afin que la prévention et les services offerts sur la santé sexuelle soient davantage adaptés aux jeunes.

« C’est aussi un moyen de donner une certaine place à la voix des jeunes, de rendre visible leurs besoins et de casser quelques idées reçues sur la jeunesse et ces sexualités qui sont souvent bien plus nuancées que ce que l’on peut imaginer », relève la responsable, selon qui il manque des espaces destinés aux jeunes.

Un questionnaire en ligne

Au total, 25’000 jeunes de 16 à 26 ans ont été tirés au sort par l’Office fédéral de la statistique (OFS), selon un échantillon représentatif de la population, pour participer à cette nouvelle étude.

Des courriers les invitant à remplir un questionnaire en ligne confidentiel ont été envoyés à leur domicile. La démarche se veut non jugeante ou et non stigmatisante, assure Yara Barrense-Dias.

Les jeunes ont jusqu’à fin mai pour répondre au questionnaire. Les premiers résultats de l’étude sont attendus à la fin de l’année.

Propos recueillis par Pauline Rappaz/iar