l’essentiel
D’une passion pour l’astronomie née du côté de Bertholène à un poste d’astrophysicien au CEA de Paris-Saclay, l’itinéraire d’un chercheur, auteur et enseignant, grand amateur de science-fiction.
Quand on demande aux petits garçons ce qu’ils voudront faire quand ils seront grands, beaucoup répondent pompier ou astronaute, footballeur professionnel ou vétérinaire… Quand il avait six ans, Roland Lehoucq, aujourd’hui astrophysicien au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), enseignant et auteur, a donné une tout autre réponse : « Je voulais être savant, m’ont raconté mes parents. »
Une envie précoce de « comprendre comment fonctionne le monde qui nous entoure », et même au-delà de notre planète puisque l’enfant se découvre « une passion pour les étoiles ». Et c’est en Aveyron, dont est originaire sa mère et où il passait toutes les vacances d’été, du côté de Bertholène, qu’il pointe pour la première fois son œil vers le ciel.
Une lunette astronomique achetée à Rodez
« J’avais une dizaine d’années. On est allés à Rodez, avec mes parents, pour acheter une lunette astronomique d’occasion chez un opticien de la ville. » Le jeune Roland profite alors des longues soirées estivales et de l’obscurité de la nuit aveyronnaise, épargnée par la pollution lumineuse, pour étrenner son cadeau. « Il y avait un ciel extraordinaire ! Ça m’a tout de suite plu. C’est comme ça que j’ai pris goût à l’observation. Et que la science est entrée dans ma vie »
L’observation que l’adolescent poursuit lors de camps organisés par la Société astronomique de France (dont il est devenu le président en mai 2025), à Chamaloc, dans la Drôme. « J’y ai fait mes premières armes. J’ai beaucoup appris. Et le fait d’avoir été ensuite animateur, pendant sept ou huit ans, a forgé mon goût pour le partage des connaissances et l’enseignement. »
Né en 1965 à Issy-les-Moulineaux, Roland Lehoucq grandit en région parisienne. Il décroche son bac C, à seulement seize ans, avant d’intégrer une classe prépa et d’entrer à l’Ecole normale supérieure de Paris, en 1985. « J’étais plutôt un bon élève, dit-il modestement. J’ai bien aimé les sciences, la mathématique, la physique, la chimie. J’ai pu faire des études supérieures en astrophysique et j’ai eu la chance d’être embauché au CEA Paris-Saclay, en 1992. »
Comprendre le monde et l’univers
« L’astronomie et l’astrophysique sont deux disciplines sœurs. L’astronomie étudie le mouvement des astres, de la lune, du soleil, des planètes…, explique le scientifique. Et si on s’intéresse à leur structure, leur évolution, leur disparition, c’est de l’astrophysique. »
Depuis toujours, l’astronomie a ainsi permis de comprendre les saisons, de se repérer dans le temps et dans l’espace grâce aux étoiles, un repère « fondamental ».
« L’astronomie et l’astrophysique ont participé à une meilleure compréhension du monde et de l’univers », dit Roland Lehoucq.
Auteur d’une trentaine d’ouvrages, chercheur et enseignant à Université Paris Cité après l’avoir été à Polytechnique et à l’École Centrale de Paris, en bon pédagogue et vulgarisateur, il anime également des conférences afin d’expliquer la physique à travers la science-fiction.
Ainsi était-il il y a peu à la Galerie de Bozouls, où il a invité le public à « participer à une exploration ludique et rigoureuse des phénomènes physiques qui inspirent la fiction ».
Et on peut dire qu’il était en terrain connu puisque sa mère a pris sa retraite dans le hameau de Brussac, situé au nord de la commune, à la limite d’Estaing.
Cet Aveyron où est née la vocation du jeune astronome amateur qui, enfant, se rêvait en savant, et qui est devenu un astrophysicien reconnu et respecté.
Un scientifique qui a même l’honneur rare d’avoir un astéroïde qui porte son nom, « le numéro 31387 qui orbite entre Mars et Jupiter », précise-t-il.