La population bernoise se rend aux urnes dimanche pour renouveler le Conseil-exécutif et le Grand Conseil. Deux grandes alliances se disputent la majorité au gouvernement: le camp bourgeois avec l’UDC, le PLR et le Centre qui présente une liste forte de cinq candidats pour conserver la majorité et le camp rose-vert avec le Parti socialiste et Les Vert-e-s qui lancent un ticket à quatre.
Au sein de l’actuel gouvernement, l’UDC détient 2 sièges, le PS 2, les Vert-e-s 1, le PLR 1 et le Centre 1. En cas de ballottage, le 2e tour aura lieu le 3 mai.
Seule certitude, la composition du Conseil-exécutif sera largement remodelée à l’issue des élections avec la décision de trois des sept conseillers et conseillères d’Etat sortants de ne pas briguer un nouveau mandat: l’UDC Christoph Neuhaus, le socialiste Christoph Ammann et la Verte Christine Häsler.
La socialiste Evi Allemann, l’UDC Pierre Alain Schnegg, le PLR Philippe Müller et la centriste Astrid Bärtschi souhaitent eux rempiler pour quatre ans.
Une majorité de droite depuis 2016
La coalition rose-verte tentera de s’emparer de la majorité perdue en 2016 avec son ticket à quatre: la sortante socialiste Evi Allemann, le maire socialiste de Tramelan Hervé Gullotti, le maire socialiste de Langenthal Reto Müller et la conseillère nationale verte Aline Trede.
Dans le camp adverse, l’alliance bourgeoise se lance dans la course avec trois sortants, la centriste Astrid Bärtschi, l’UDC Pierre Alain Schnegg et le PLR Philippe Müller, ainsi que deux candidats UDC, le maire de Thoune Raphael Lanz et celui de Zollikofen Daniel Bichsel.
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À Berne, candidats des villes et candidats des champs battent le pavé / 19h30 / 2 min. / le 21 mars 2026
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Un trio dans le Jura bernois
Même s’il ne représente désormais plus que 4,4% de la population du canton de Berne après le départ de Moutier, le Jura bernois a toujours droit selon la Constitution à l’un des sept sièges au gouvernement. Un cercle électoral de douze élus sur les 160 du Grand Conseil est aussi garanti.
Trois candidats sont en lice pour occuper ce siège réservé au Jura bernois: Pierre Alain Schnegg, Hervé Gullotti et le représentant du Parti évangélique Tom Gerber. Le candidat qui représente la partie francophone du canton détermine en général la majorité au Conseil-exécutif.
La gauche mise sur Hervé Gullotti pour ravir le siège détenu depuis 2016 par Pierre Alain Schnegg. Socialistes et Vert-e-s ont décidé l’année dernière de lancer une seule candidature.
Pour être élu, le candidat du Jura bernois doit obtenir non seulement la majorité absolue mais aussi la meilleure moyenne géométrique. Ce système de calcul accorde plus de poids à une voix obtenue dans la partie francophone que dans le reste du canton, afin d’éviter que la majorité alémanique n’impose son choix.
La moyenne géométrique est obtenue en multipliant les suffrages recueillis dans tout le canton avec ceux qui sont obtenus dans le cercle électoral du Jura bernois puis en calculant la racine carrée de ce produit.
>> Le point sur les enjeux dans Forum : Les enjeux de la course à l’exécutif dans le canton de Berne / Forum / 2 min. / le 21 mars 2026 Scénario à deux Romands?
Théoriquement le Conseil-exécutif bernois pourrait compter deux francophones, mais ce scénario paraît peu probable de l’avis des observateurs. Si Hervé Gullotti estime qu’il pourrait être élu en tant que second Romand, la réélection de Pierre Alain Schnegg paraît assurée comme celle des autres conseillers d’Etats sortants.
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Le départ de Moutier pourrait profiter à l’UDC, le corps électoral prévôtois étant plutôt orienté à gauche. Jusque-là divisées par la Question jurassienne, qui est aujourd’hui résolue avec le transfert de la cité prévôtoise dans le Jura, les forces socialistes du Jura bernois présentent en revanche un front uni.
Parmi les seize candidats en course figure Jonas Lauwiner qui se présente comme le « roi de Suisse ». Ce citoyen de Berthoud a déjà annexé dans plusieurs cantons des dizaines de terrains et de tronçons de route. Il recherche dans les registres fonciers des sites abandonnés par le propriétaire. Il a ainsi créé ce qu’il appelle l' »Empire Lauwiner ».
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kkub avec ats