Les principales villes vaudoises élisaient dimanche leurs Municipalités lors du second tour des élections communales. À Lausanne, l’alliance rose-rouge-verte est parvenue à garder son écrasante majorité. En revanche, Yverdon bascule à droite tandis qu’à Vevey, le PLR fait son entrée à l’exécutif. L’UDC remporte aussi un premier siège dans une grande commune à Prilly, tandis que les écologistes perdent des plumes.

De manière générale, ce sont le PS et surtout le PLR qui sortent renforcés de ce second tour. Dans le cadre de l’alliance rose-verte, les socialistes sont parvenus à conserver la plupart de leurs sièges dans les Municipalités, voire à en récupérer, comme à Vevey et à Nyon. Quant au PLR, s’il échoue à s’emparer d’un second siège à Lausanne, il fait son entrée dans les exécutifs de Vevey ou Renens après avoir gagné du terrain dans plusieurs villes au premier tour.

En revanche, les Vert-e-s ont subi de nouveaux revers cinglants avec la perte de deux sièges très en vue, celui de la vice-syndique d’Yverdon Carmen Tanner, qui termine 10e, et celui de la présidente du parti cantonal Rebecca Joly, qui n’est pas réélue à Prilly.

L’UDC réalise également une plutôt bonne performance d’ensemble, même s’il est historiquement peu présent dans les exécutifs des grandes communes. Mais en intégrant l’exécutif de Prilly, le parti place pour la première fois un élu municipal dans une ville de plus de 10’000 habitants.

La gauche unie garde son quasi-monopole à Lausanne

L’alliance rose-rouge-verte a une fois encore fait le plein lors du second tour des élections communales à Lausanne. Ses quatre sortantes et sortants, Emilie Moeschler (1ère), Xavier Company (2e), le syndic Grégoire Junod (3e) et Natacha Litzistorf (4e), terminent en tête, tandis que le nouveau venu Julien Eggenberger (PS) arrive en 5e position et le popiste Xavier Roth à la 7e place.

Le PLR échoue ainsi à ravir le siège du POP et perd même des plumes par rapport au premier tour. Réélu, le sortant Pierre-Antoine Hildbrand tombe de la 5e à la 6e place tandis que les conseillères communales Mathilde Maillard et Marlène Bérard accusent un retard de plus de 1300 voix sur Xavier Roth.

L’UDC Fabrice Moscheni et l’indépendant de droite Bruno Dupont ferment la marche. Onze candidats, contre 22 au 1er tour, briguaient les sept sièges à la Municipalité de Lausanne pour le second tour.

On a aussi entendu les avertissements qui ont été portés durant cette campagne, notamment sur la mobilité et la sécurité

Grégoire Junod, syndic sortant socialiste

Détail notable, Grégoire Junod, qui brigue également une réélection à la syndicature, ne termine finalement que troisième alors qu’il était en tête à l’issue du premier tour. « On est très reconnaissants envers les électrices et électeurs qui nous ont fait confiance », a commenté ce dernier après l’annonce des résultats.

« C’était une campagne plus difficile après une année 2025 difficile pour la Municipalité de Lausanne. Donc on est très heureux de ce résultat qui montre aussi que l’alliance fonctionne. On a pu s’appuyer sur des militants exceptionnels des trois partis qui ont eu le souci aussi de faire campagne ensemble. »

Le PLR reste combatif

Il dit toutefois avoir entendu les messages de l’opposition. « J’aimerais dire que la Municipalité élue, c’est la Municipalité de tous les Lausannois et Lausannoises, y compris de ceux et celles qui n’ont pas voté pour nous », a-t-il rappelé. « Nos opposants ont porté des thèmes qui ont été entendus, sur la mobilité, la sécurité, qui sont des questions sur lesquelles on va travailler pour apporter des réponses. On a entendu les avertissements. »

Présidente du PLR Lausanne, Mathilde Maillard se voulait toutefois positive à l’heure du débriefing. « On a fait une campagne magnifique, on a réussi à faire bouger les lignes. On a eu ce score incroyable au premier tour et deux sièges supplémentaires au Conseil communal », a-t-elle estimé au micro de la RTS.

En revanche, « en tant que candidate à la Municipalité, évidemment, il y a de la déception à la lecture des résultats. Au premier tour, j’étais arrivée septième, ce qui avait fait naître un réel espoir de pouvoir rééquilibrer les forces politiques à la Municipalité. (…) Maintenant, je pense qu’il faut se concentrer sur l’avenir, l’envie de faire changer les choses à Lausanne. On s’est renforcé au Conseil communal et croyez-bien que nous serons là pour débuter cette législature », a-t-elle lancé dans l’émission Forum.

>> Son interview complète dans Forum : L’échec de la droite à la Municipalité lausannoise: interview de Mathilde Maillard / Forum / 5 min. / aujourd’hui à 18:05 La Municipalité d’Yverdon-les-Bains bascule à droite

C’est le bloc de droite qui l’a emporté à Yverdon à l’issue de ce second tour. Le sortant PLR François Armada termine en tête devant le socialiste Julien Wicki, qui était pourtant passé à seulement quatre voix d’une élection directe lors du premier tour. L’autre sortant PLR Christian Weiler termine 3e, comme au premier tour.

Suivent la socialiste Brenda Tuosto – qui sera désormais la seule femme à l’exécutif de la ville – puis l’écologiste Benoist Guillard et le PLR Dominique Viquerat. Le Vert’libéral Pierre-Henri Meystre fait quant à lui son entrée à la Municipalité en décrochant la 7e place.

Déjà huitième et donc en position de non-élue au premier tour, la vice-syndique écologiste sortante Carmen Tanner est quant à elle violemment expulsée de l’exécutif: elle ne termine que 10e, derrière l’UDC Sophie Pistoia-Grosset et la socialiste Majda L’Mati.

Les indépendants de droite Ruben Ramchurn et Roland Villard terminent loin derrière.

Le PLR fait irruption à la Municipalité de Vevey, la gauche alternative perd des plumes

Si Vevey reste solidement ancrée à gauche, c’est surtout le camp rose-vert qui a conservé la confiance des électeurs et des électrices avec une dernière législature marquée par les déboires du syndic sortant du mouvement décroissance alternative (da), qui perd un siège au profit du PS. Les Vert’libéraux perdent également leur unique siège au profit du PLR.

Déjà classés aux quatre premières places à l’issue du premier tour, Laurie Willommet (PS), Antoine Dormond (Vert), la surprenante nouvelle venue Johanne-Saskia Gay (PS) et le centriste Pascal Molliat (Vevey Libre) sont les mieux élues et élus.

Vient ensuite le PLR Patrick Bertschy, qui fait une remontée de la 8e à la 5e place pour faire entrer le PLR à la Municipalité. Sixième, la Verte Alexandra Melchior offre un 4e siège à l’alliance rose-verte, tandis que Gabriela Kämpf (da) sauve de justesse un siège pour la gauche alternative, avec 30 voix d’avance sur le Vert’libéral Vincent Imhof, qui rate sa réélection.

Avec quatre femmes, l’exécutif devient en outre à majorité féminine.

Une courte majorité de gauche à Nyon

La gauche a décroché une majorité de quatre siège dimanche à la Municipalité de Nyon, dans une élection très ouverte en raison du départ de l’emblématique syndic indépendant Daniel Rossellat et d’un autre indépendant, Claude Uldry. Les deux sortants PLR sont réélus et un siège revient au Parti indépendant nyonnais (PIN).

Les cinq municipaux sortants sont réélus et occupent les cinq premières places. Alexandre Démétriadès arrive en tête devant l’écologiste Pierre Wahlen et Stéphanie Schmutz (PS).

Les deux PLR Olivier Riesen et Roxane Faraut suivent non loin. Viennent ensuite deux nouveaux: Daniel Grosjean qui décroche un siège pour le PIN et Maël Joly, nouveau municipal socialiste. La Verte Nathalie Raya Etter rate son élection de 17 voix.

Déconvenue écologiste à Prilly, siège historique pour l’UDC

L’élection à la Municipalité de Prilly a débouché sur une véritable bérézina pour les Vert-e-s: tant la députée Rebecca Joly, présidente du parti cantonal, que le sortant Maurizio Mattia se voient éjectés de l’exécutif lors d’un second tour remporté par le centriste Luigi Sartorelli. Ce dernier est le seul sortant réélu dimanche, à la faveur de l’Entente de droite qui empoche au total quatre sièges sur cinq.

Il est suivi par la PLR Lumia Claramunt et la socialiste Ariane Zwahlen, seule représentante de gauche dans le futur exécutif. L’autre PLR Tony Capuano termine quatrième, devant l’UDC Fabien Deillon, qui décroche le dernier des cinq sièges en jeu.

Son élection constitue une victoire symbolique pour l’UDC, élue pour la première fois à la Municipalité d’une ville de plus de 10’000 habitants dans le canton.

Du côté des Vert-e-s, la pilule est amère: son meilleur candidat Maurizio Mattia termine 7e, tandis que Rebecca Joly et Antoine Viredaz ferment la marche avec les 9e et 10e places.

Morges reste à droite

La droite est parvenue à conserver sa majorité dans la seule grande ville du canton qu’elle tenait déjà avant ces élections communales. La syndique PLR Mélanie Wyss et la sortante vert’libérale Laetitia Morandi, déjà réélues dès le premier tour, ont été rejointes dimanche par Mélanie Mojon et Camille Robert.

Dimanche, c’est la sortante socialiste Laure Jaton qui s’est positionnée en tête avec près de 49% des voix, devant les deux candidates de l’Entente morgienne. Le Vert Pascal Gemperli (6e) et l’indépendant sortant Laurent Pellegrino (7e) complètent la nouvelle composition de la Municipalité.

La gauche perd son hégémonie à Renens

La Municipalité de Renens ne sera plus 100% à gauche. La PLR Elodie Golaz Grilli a été élue dimanche avec 45,5% des voix et fera donc son entrée à l’exécutif, reprenant ainsi un siège au PS. Les socialistes Patricia Zurcher Maquignaz et Oumar Niang conservent leur siège, tout comme la Verte Nathalie Jaccard, 3e.

La candidate de la Fourmi rouge (gauche radicale) Carole Castillo est parvenue à conserver le siège de son collègue de parti Didier Divorne, tandis que le Vert Sylvain Richard fait son entrée à la Municipalité.

Statu quo à Aigle

Le syndic Grégory Devaud (PLR) et le président du Grand Conseil Stéphane Montangero (PS) étant déjà élus, il ne restait trois places à répartir entre quatre candidats et candidates à la Municipalité d’Aigle. Sans grande surprise, ce sont les sortants Fabrice Cottier (PLR), Jean-Luc Duroux (Démarche citoyenne) et Maude Allora (AlternativeS) qui ont décroché les trois tickets, loin devant l’UDC Gabriel Clément (26,8%).

Pierrik Jordan