Stéphane Pulze, grand reporter : « Beaucoup de gens vous connaissent à travers la télévision et votre présence à Top Chef. C’était un objectif, une expérience ? »
Glenn Viel : « J’avais trois objectifs dans ma vie, avec une chronologie à respecter : la troisième étoile, la télé, l’entrepreneuriat, et pourquoi pas, devenir millionnaire. Pas pour vivre une vie luxueuse, juste pour l’objectif. Au final, je finirai de toute façon à pêcher des maquereaux avec mes potes en Bretagne !
La télé, c’est ce qui permet de se faire connaître, de devenir une marque et de pouvoir entreprendre. Mais pour avoir deux cordes à son arc, il fallait d’abord passer par la troisième étoile. Top Chef était venu me chercher l’année d’avant, j’avais dit non.
Mon père me disait que je me faisais avoir. Je lui ai répondu : “T’inquiète pas, j’aurai trois étoiles, je ferai de la télé, je serai millionnaire, tu verras.” Quand j’ai eu ma troisième étoile, je lui ai dit : “T’as vu, il n’en manque plus qu’un !”
J’avais refusé Top Chef en me disant que si un jour j’avais trois étoiles, j’irais. On était dans la bonne rythmique, on structurait, on évoluait bien. M. Charial m’a toujours laissé la maison et fait confiance dans mes idées. Quand Top Chef m’a rappelé après la troisième étoile, j’y suis allé.
C’était aussi important de sortir de ma cuisine pour mieux y rentrer. Ça m’a permis de m’ouvrir, de rencontrer des jeunes. J’étais très fermé avant, discret, par stratégie. Avant d’avoir trois étoiles, je ne voulais même pas aller manger chez les étoilés, pour ne pas dévier de ma propre trajectoire, ne pas me retrouver sur une voie qui ne me ressemble pas. Il fallait d’abord me trouver. Qui je suis, ce que je veux raconter, comment je le dis. »