Le groupe BYD a annoncé vendredi un résultat net de 32,6 milliards de yuans (4,08 milliards d’euros), en repli de 19 % sur un an. Cette contre-performance dépasse largement les anticipations des analystes, qui tablaient sur une baisse d’environ 12 %. Il s’agit du premier recul annuel de BYD depuis quatre ans, alors même que le constructeur avait démarré 2025 sur des niveaux de ventes records. La marge brute de l’activité automobile (80 % du CA opérationnel) s’établit à 20,5 %, en baisse de 1,8 point.
BYD sous pression face à une concurrence chinoise agressive
Sur le marché local, BYD voit émerger une nouvelle génération de concurrents, tels que Leapmotor ou Geely, qui rattrapent rapidement leur retard technologique. Le groupe a glissé à la quatrième place du marché chinois en janvier-février 2026, avec sa plus forte contraction de volumes depuis la pandémie. Autre signe de la dégradation du marché : BYD indique une réduction de ses effectifs de 10,2 %, une première pour le groupe, qui compte désormais 869 622 salariés.
Les modèles d’entrée de gamme restent le cœur du business de BYD : 61 % des ventes domestiques concernent des véhicules à moins de 150 000 yuans (21 700 dollars). Or, les nouvelles subventions chinoises privilégient désormais des modèles plus haut de gamme.
Fin des avantages fiscaux : un coup dur pour l’électrique
Le constructeur est particulièrement touché par la fin des exonérations de taxe à l’achat pour les véhicules à énergie nouvelle (VE et hybrides rechargeables). L’impact est d’autant plus marqué que BYD ne commercialise aucun modèle thermique, uniquement du 100 % électrique ou du PHEV.
Pour relancer la demande, BYD a lancé 11 nouveaux modèles dotés d’une technologie de recharge plus rapide et prévoit d’intensifier son réseau de stations ultra?rapides. Un repositionnement produit qui, selon les analystes, ne suffira pas à combler la demande déclinante sur les segments inférieurs.
À l’international, un moteur de croissance toujours solide
Si le marché chinois se contracte, l’expansion mondiale offre un soutien essentiel : les ventes internationales affichent une progression robuste et offrent de meilleures marges. En Europe notamment, BYD a vendu plus de 13 000 unités en septembre 2025, soit +272 % sur un an. La stratégie d’implantation locale — usines d’assemblage, accords industriels — devrait rester un axe majeur de développement en 2026, selon la direction.
Tensions sur la liquidité et guerre des prix en Chine
Comme l’ensemble du secteur, BYD subit les effets d’une guerre des prix dénoncée par l’association chinoise des constructeurs automobiles. Le groupe avait proposé jusqu’à 34 % de remises sur certains modèles en 2025. BYD a aussi été contraint de raccourcir ses délais de paiement envers les fournisseurs, conformément aux nouvelles règles destinées à soutenir la filière équipementière. Signe de tension financière, le fonds de roulement opérationnel reste négatif à –97 milliards de yuans, malgré une amélioration par rapport aux –122,7 milliards du premier semestre.
Perspective 2026 : croissance internationale, mais pression durable en Chine
Pour 2026, les experts anticipent un environnement encore plus exigeant : concurrence accrue, atonie de la demande intérieure, maintien de la pression sur les marges. BYD mise sur des montées en gamme technologiques, la localisation de la production hors Chine, l’expansion export, la réduction des coûts, et une meilleure différenciation produit.
“L’industrie entre dans une phase d’élimination”, a reconnu le président Wang Chuanfu, en soulignant que seuls les constructeurs investissant massivement dans la technologie et l’international conserveront un avantage compétitif.