L’ancien directeur de la compagnie de danse Interface a comparu lundi à Sion pour contrainte sexuelle et tentative de viol. Qualifié de « gourou » ou « obsédé sexuel », il aurait créé un environnement fermé où primait son bon vouloir, notamment dans la sphère sexuelle. Le Ministère public valaisan a requis 24 mois de prison ferme.

Les charges retenues à l’encontre du fondateur d’Interface sont lourdes: il doit répondre de contrainte sexuelle, tentative de viol, séquestration et enlèvement.

L’acte d’accusation qualifie l’homme de 62 ans de pacha, de maître en son château, de gourou. La structure qu’il a mise en place au sein de la compagnie s’apparentait à une communauté de type sectaire. Il contrôlait tout, de la création aux aspects financiers en passant par le choix et l’engagement des danseuses.

Durant son réquisitoire, le procureur Olivier Elsig a évoqué non pas une contrainte physique, mais de l’ordre du psychique. Le prévenu « n’a pas utilisé la force ou la menace, mais savamment construit un environnement d’emprise ne permettant pas à une jeune fille de lui échapper », a-t-il affirmé. L’accusé « ne mérite aucune chance de clémence puisqu’il n’a, selon lui, aucune raison de s’amender », a-t-il continué, estimant qu’une peine ferme s’imposait « de manière impérative. »

Une emprise totale

Les membres permanents de la compagnie vivaient en vase clos, nourris, blanchis, logés, dans des locaux mis à disposition par la ville de Sion et complètement inadaptés à l’hébergement.

L’emprise de l’accusé était totale, et même sexuelle. La sexualité était en effet omniprésente au sein d’Interface. L’homme est décrit comme un obsédé. Il ne pensait et ne parlait que de cela. Il cherchait toujours à obtenir des faveurs sexuelles de la part de ses danseuses.

Une plaignante, une danseuse alors âgée de 17 ans au moment des faits, explique avoir dû partager sa chambre avec lui à deux reprises lors de déplacement à l’étranger. Elle y aurait subi des actes sexuels non consentis.

Rapports consentis selon l’accusé

Entendu en ouverture d’audience, l’ancien directeur a réfuté toutes ces accusations. « Elles n’ont aucun sens. C’est une affabulation », a-t-il déclaré. Interrogé sur la notion de consentement, il a affirmé: « Avant comme maintenant, pour moi, s’il n’y a pas de consentement, aucun rapport n’a de sens. »

Dans son plaidoyer, son avocat a reconnu que la sexualité était importante au sein de la Compagnie, mais qu’une sexualité omniprésente ne suffit pas à constituer une infraction pénale si elle n’est pas non consentie, ce que rien dans le dossier ne permet d’établir. Il pointe également des contradictions dans les déclarations de la danseuse, seule partie plaignante.

L’accusé, qui a toujours nié les faits, risque la prison ferme. Il est présumé innocent. Le verdict devrait être rendu mardi.

>> Les précisions du correspondant de la RTS à Sion dans le 12h45 : VS: le co-fondateur de la compagnie Interface accusé de contrainte sexuelle VS: le co-fondateur de la compagnie Interface accusé de contrainte sexuelle / 12h45 / 1 min. / aujourd’hui à 12:45

Sujet radio: Cédric Jordan

Texte web: boi avec ats