Avec sa voix inoubliable et ses
tubes comme On va s’aimer
ou Les sunlights des
tropiques, Gilbert Montagné a marqué la scène
musicale française depuis plusieurs décennies.


Toujours reconnaissable à ses lunettes de soleil
, il a su
transformer un départ difficile en une énergie créative
hors du commun. Artiste polyvalent, il a enchaîné
concerts, émissions et collaborations, imposant son talent et sa
bonne humeur légendaire à chaque apparition.

Gilbert Montagné, une légende née dans l’adversité

Gilbert Montagné, c’est avant
tout une voix unique, des tubes inoubliables. Mais derrière
l’artiste se cache une histoire marquée par un handicap : il est
aveugle depuis ses toutes premières heures. Grand
prématuré, né après seulement six mois de
grossesse et pesant à peine 950 grammes, il a été placé en
couveuse.


C’est là qu’une erreur médicale l’a privé de la vue
:
« Ce qu’il s’est passé, c’est qu’à l’époque ils ne
savaient pas le dosage adéquat en oxygène. Ils en ont trop mis dans
la couveuse et ça a brûlé tous les tissus, les nerfs
optiques ». Malgré cette épreuve, Gilbert Montagné a
su transformer ce handicap en force et en énergie créative :
« Quelle merveille ce qu’ils ont fait, parce que s’ils n’en
avaient pas mis assez, je ne serais pas là à vous parler ».

Une famille soudée et l’audace comme
moteur

Dès son plus jeune âge,
l’entourage familial a été un pilier central. « Toute ma famille
a été fantastique, ils n’ont pas vu le
handicap », confie-t-il. À cinq ans, il commence ses
cours de piano pour non-voyants et découvre le déclic musical grâce
à une annonce lue par sa mère dans le métro : « Piano à vendre
25 000 anciens francs, ça fait comme 60 euros. Mais c’était déjà un
truc qu’on n’avait pas. » Dans leur appartement à Paris, son
père et son frère transportent le piano sur cinq étages sans
ascenseur, un geste resté gravé dans sa mémoire : « Mon père et
mon frère ont porté ce piano sur le dos cinq étages sans
ascenseur ».

Si l’entourage familial a fait
la différence, son audace fait le reste : sa sœur insiste sur la
puissance de son dépassement. Selon elle, « On n’a jamais
considéré que Gilbert était handicapé, il a fait des choses qu’on
ne pouvait pas faire nous-mêmes, que ce soit le ski ou
l’équitation. Rien ne l’arrêtait. » La famille
valorise sans relâche sa confiance instinctive en lui,
à l’image de sa mère
qui clame, sans fléchir, « qu’il était
un génie de la musique ».