«C’était très impressionnant mais ça n’est pas trop grave, il y a eu plus de peur que de mal, rassure Greg Tuscher, l’entraîneur de l’équipe de Suisse de freeski. Il ne faut pas trop se faire de souci, mais c’était suffisant pour ne pas prendre le départ.»

Le crash s’est produit alors que la double championne olympique de slopestyle venait de réussir et tentait à nouveau son saut signature en nose butter double cork 1260, qui consiste à s’élancer depuis le tremplin en frôlant la neige avec l’avant des skis. Malheureusement pour elle, l’arrière de l’une de ses lattes s’est bloquée au moment du décollage et la Gruérienne, trop courte, a atterri sur le knuckle (la zone entre le tremplin et la pente dévolue aux atterrissages). Résultat, une très grosse chute et une immense frayeur pour la championne, son staff et ses proches présents dans le public. «J’ai vraiment eu très peur, reconnaît Greg Tuscher. Ça m’a rappelé de mauvais souvenirs. Heureusement, Mathilde est assez bien tombée malgré le mouvement de catapulte qui a projeté son corps un peu dans tous les sens.»

Bien que rassurante dès les premières minutes suivant le choc, Mathilde Gremaud a été emmenée au centre médical de Livigno afin d’y effectuer des examens supplémentaires au bassin, contusionné. «Elle n’a a priori rien de cassé, rassure Greg Tuscher, présent aux côtés de sa protégée dans l’établissement. Elle peut marcher.» La Fribourgeoise est toutefois restée en observation durant la nuit. «Bien sûr, elle était déçue d’avoir chuté mais rassurée de se sentir bien. La santé, c’est le plus important», ajoute encore son coach. Durant de longues minutes, un mince espoir persistait même dans le camp suisse. En cas de report de l’épreuve, la rideuse de La Berra aurait pu prétendre à une participation, selon les résultats des tests médicaux effectués. Frustrant, lorsqu’on sait que la quadruple médaillée olympique avait dans son portefeuille des sauts probablement capables de lui offrir l’or.

Finalement, les rafales se sont largement calmées et la finale a pu être lancée, alors que l’autre Suissesse en lice, Anouk Andraska, a elle aussi été contrainte au forfait à cause d’une blessure à un poignet. Et surprise, la victoire n’est pas revenue à la grande favorite Eileen Gu. La star chinoise a dû se contenter de la médaille d’argent, sa deuxième de ces Jeux olympiques. C’est la Canadienne Megan Oldham, déjà bronzée en slopestyle, qui s’est imposée, avec la manière. Enfin, la belle histoire est à mettre à l’actif de l’Italienne Flora Tabanelli. A domicile, la skieuse de Livigno a réussi à accrocher la médaille de bronze après avoir fait le pari de ne pas se faire opérer pour participer à «ses» Jeux, malgré une rupture du ligament croisé antérieur du genou droit en début de saison.