En combinant plusieurs ensembles de données, des chercheurs français ont mis en lumière pour la première fois la manière dont des expositions aux pesticides peuvent contribuer au développement de certains cancers, à l’échelle d’un pays, ici le Pérou. « Nous avons d’abord modélisé la dispersion des pesticides dans l’environnement sur une période de six ans, ce qui nous a permis d’identifier les zones présentant le risque d’exposition le plus élevé », explique Jorge Honles (Université de Toulouse).

En croisant cette cartographie avec les données de 150 000 patients, les chercheurs ont pu identifier des zones du pays où les populations sont à la fois plus susceptibles d’être exposées aux pesticides dans l’environnement et davantage touchées par des cancers. Dans ces lieux, le risque de développer un cancer était 150 % plus élevé. Parallèlement, des analyses réalisées par l’Institut Pasteur sur des échantillons péruviens montrent que les pesticides perturbent le fonctionnement normal des cellules. « Ces altérations biologiques apparaissent avant le développement du cancer, suggérant des effets précoces, cumulatifs et silencieux », indiquent les chercheurs.

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Les résultats montrent l’importance de prendre en compte les mélanges de pesticides, l’exposition environnementale et le contexte réel, indiquent les scientifiques, qui plaident pour une mise à jour des méthodes d’évaluation des risques, basées sur des substances isolées et la fixation de seuils considérés comme sûrs.

« Les preuves scientifiques d’une association entre pesticides et Parkinson sont bien établies »

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