Le prochain sommet du G7 aura lieu du 15 au 17 juin 2026 à Evian, en France voisine. Jugé à haut risque, il mobilisera un dispositif sécuritaire exceptionnel, y compris en Suisse. Une grande partie de la facture sécuritaire des cantons voisins de l’événement sera prise en charge par la Confédération, a-t-elle annoncé mercredi.

La bonne nouvelle est tombée mercredi pour les trois cantons concernés par le sommet, Genève, Vaud et le Valais: la Confédération paiera la majorité de la facture sécuritaire. Le Conseil fédéral a en effet décidé de reconnaître le statut « d’événement extraordinaire » à ce sommet. Lorsque c’est le cas, la Confédération peut aider financièrement les cantons dans les missions de protection qui sortent de l’ordinaire et visent à sécuriser le territoire suisse.

Le Forum économique de Davos, ou encore des rencontres comme celle entre Vladimir Poutine et Joe Biden en 2021 à Genève font partie de ces événements. Pour ce dernier, la Confédération avait versé 4 millions de francs au canton de Genève, soit 80% des coûts sécuritaires liés à la tenue de la rencontre.

Pour le sommet du G7, le montant précis de la facture n’est pas encore connu, mais la Confédération l’estime à plusieurs millions de francs.

A Genève, le spectre du G8 en 2003 hante encore certains esprits

Cette mesure était très attendue par les cantons, surtout par Genève, encore traumatisé par certains des événements s’étant produits en marge du sommet du G8 déjà organisé à Evian en 2003, à l’apogée du mouvement altermondialiste. Malgré les panneaux de protection posés sur de très nombreuses vitrines du centre-ville, certaines manifestations avaient dégénéré, avec vitrines brisées, pillages et violents affrontements entre casseurs et forces de l’ordre.

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Cette année, les cantons veulent à tout prix éviter les débordements, notamment en renforçant les contrôles aux frontières. Car même si les participants au sommet logeront tous en France, beaucoup atterriront à l’Aéroport de Genève. Or, en 2003, l’un des objectifs des opposants au sommet avait justement été de bloquer les axes routiers, notamment les ponts sur le Rhône, afin d’empêcher les délégations de rejoindre Evian.

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Imposant dispositif sécuritaire

Une très forte mobilisation sécuritaire est prévue au niveau fédéral, impliquant Fedpol, le Service de renseignement, l’Office fédéral de la cybersécurité, et surtout l’armée: le Conseil fédéral prévoit d’engager jusqu’à 5000 militaires pour soutenir les polices cantonales, mais aussi l’armée française. Leurs missions: protection d’objets, surveillance, transport et logistique. Ces forces seront très probablement bien visibles sur le lac et ses pourtours, ainsi que dans les airs.

Ce sera aussi l’occasion, pour l’armée, de déployer son tout nouveau système anti-drones, un dispositif qui permet de neutraliser les petits appareils en brouillant les ondes. Par ailleurs, l’espace aérien sera restreint dans la zone lémanique entre le 10 et le 18 juin.

Davantage de précision sur les coûts sécuritaires, les effectifs mobilisés ou une éventuelle participation diplomatique de la Suisse au sommet seront communiquées plus tard, a encore indiqué le Département fédéral des affaires étrangères.

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Sujet radio: Mathieu Henderson

Adaptation web: Vincent Cherpillod