La saison d’Ambrì-Piotta s’est terminée comme elle avait rarement réussi à le faire ces dernières années: par quatre victoires! Merci aux Ajoulots d’avoir contribué à ramener le calme dans les murs de la Gottardo Arena. Dans la douleur, dans les doutes, mais avec un minimum de contrôle. En balayant Ajoie en quatre matches de playouts, les Léventins ont sauvé l’essentiel. Et surtout, ils ont évité que l’une des saisons les plus chaotiques de leur histoire ne se conclue par un véritable désastre. Car il ne faut pas se tromper: ce maintien ne doit rien masquer. Pendant des mois, Ambrì a été balloté, incapable de trouver une direction claire, prisonnier de ses incohérences et d’un vestiaire parfois traversé de tensions. Le sursaut final existe, mais il arrive tard. Très tard.

L’arrivée de Jussi Tapola a toutefois permis de remettre un peu d’ordre dans ce chaos dont les principales victimes ont été Luca Cereda, Louis Matte et Paolo Duca. Sans révolutionner l’équipe, le Finlandais a imposé des bases simples: discipline, structure et surtout primauté du collectif. Dans les playouts, cela s’est vu. Ambrì n’a pas dominé outrageusement, mais il a été plus cohérent, plus solide mentalement, plus uni. Et dans ce genre de série, c’est souvent suffisant. Certains joueurs ont d’ailleurs profité de ce nouveau cadre pour se révéler ou se relancer. Philip Wüthrich a été déterminant dans les moments clés, tandis que plusieurs jeunes ont pris une place importante dans la rotation. Un signe encourageant pour un club qui devra s’appuyer davantage sur sa formation à l’avenir.

Mais au moment de tourner la page, le regard se porte surtout vers les coulisses. Car le véritable chantier commence maintenant. Et il est immense.

Tout est à (re)faire

Lars Weibel n’a pas hérité d’un projet abouti, mais d’une équipe à reconstruire presque entièrement. La question des étrangers reste floue, avec plusieurs situations en suspens et peu de garanties. La base suisse, elle, a montré ses limites tout au long de la saison. Et au-delà des noms, c’est une identité qu’il faudra redéfinir. Le directeur sportif devra trancher, clarifier, donner une direction nette (par exemple avec ou sans Alex Formenton?). Construire un effectif cohérent, capable de s’inscrire dans la philosophie voulue par Tapola. Dario Bürgler, Chris Tierney, Zaccheo Dotti, Michael Joly, Manix Landry, Jesse Zgraggen, tous en fin de contrat, survivront-ils au grand nettoyage de printemps? Car c’est bien là la principale leçon de cette saison: sans cap clair, sans cadre solide, même une équipe talentueuse peut se perdre. Ambrì en a fait l’expérience à ses dépens. Trop de choix contradictoires, trop de réactions tardives.

La fin de championnat a montré qu’un autre chemin était possible. Mais pour que cette éclaircie ne reste pas un simple épisode, il faudra maintenant confirmer sur la durée. Le maintien a été assuré. Mais la crédibilité, elle, reste à reconstruire. Or, le remplacement à la présidence de Filippo Lombardi par Davide Mottis ne sera pas suffisant pour faire renaître l’esprit de la Montanara qui en a pris un sacré coup, ces derniers mois…