Les travaux de construction de la nouvelle salle de bal voulue par Donald Trump à la Maison Blanche, à Washington, le 25 février 2026.

OLIVER CONTRERAS / AFP

Les travaux de construction de la nouvelle salle de bal voulue par Donald Trump à la Maison Blanche, à Washington, le 25 février 2026.

Coup d’arrêt pour Donald Trump, jusque sous ses fenêtres. Un juge fédéral a ordonné ce mardi 31 mars la suspension de la construction de la salle de bal voulue par le président américain à la Maison Blanche. C’est un gros revers pour le républicain, qui souhaite laisser sa marque dans le paysage américain.

« Le président des États-Unis est le gardien de la Maison Blanche pour les futures générations de familles présidentielles. Il n’en est toutefois pas le propriétaire ! », a écrit le juge Richard Leon dans sa décision, précisant que le projet nécessiterait l’accord du Congrès.

« Il n’est pas trop tard pour que le Congrès autorise la poursuite de la construction du projet de salle de bal. Le président peut à tout moment demander au Congrès de lui donner expressément l’autorisation de construire une salle de bal et de la faire sur des fonds privés », souligne néanmoins le juge.

Cette décision fait droit à une demande de la National Trust for Historic Preservation (NTHP), une organisation à but non lucratif mandatée par le Congrès pour la préservation des bâtiments historiques. La NTHP avait saisi la justice en décembre, accusant l’administration Trump de ne pas avoir respecté les exigences légales en matière d’évaluation, ni obtenu l’autorisation du Congrès pour ce projet.

Dans un message publié sur son réseau Truth Social, Donald Trump reproche à la NTHP, qu’il traite de « groupe de tarés extrémistes de gauche », de lui intenter une action en justice pour « une salle de bal qui coûte moins que le budget prévu, est en avance sur les plans, construit à un coût nul pour le contribuable et sera le plus beau bâtiment au monde de ce genre ».

En octobre, le président républicain avait fait détruire au bulldozer une aile entière de la Maison Blanche pour y construire une salle de bal censée accueillir jusqu’à 1 000 personnes, pour des réceptions diverses et des dîners en l’honneur de dignitaires étrangers.

Un juge bloque l’arrêt du financement par Trump des radios et TV publiques

Le projet, l’un des plus ambitieux menés sur ce célèbre site depuis plus d’un siècle, n’a cessé de prendre de l’ampleur. Son budget prévisionnel, financé par des dons privés, est passé de 200 millions à 400 millions de dollars.

Par ailleurs, le président américain a connu un deuxième revers ce même jour. Un juge fédéral américain a en effet bloqué l’arrêt du financement par l’État des réseaux de radios et de télévisions publiques, NPR et PBS, décidé par décret par Donald Trump.

Le 1er mai dernier, le président avait pris un décret ordonnant de « cesser le financement fédéral de NPR et de PBS », accusés par la Maison Blanche de relayer « la propagande de gauche avec l’argent des contribuables ».

Ce décret avait été suivi par un vote du Congrès en juillet supprimant 1,1 milliard de dollars de financement pour la Corporation for Public Broadcasting (CPB), aujourd’hui disparue, qui contribuait en partie aux budgets de NPR et de PBS.

Saisi par les deux réseaux publics, un juge fédéral du district de Columbia, Randolph Moss, a estimé ce mardi que le décret présidentiel était inapplicable car il violait le premier amendement de la Constitution américaine – celui qui protège la liberté d’expression.

Dans sa décision, le magistrat explique que le gouvernement peut choisir ce qu’il finance. Mais il estime aussi qu’il ne peut pas punir des médias en leur coupant leurs financements à cause de leurs opinions.