Si la tenue des Jeux olympiques n’a pas eu l’effet escompté sur la fréquentation muséale en 2024 à Paris, le visitorat a été stable en 2025, avec une tendance souvent à la hausse. Analyse.
Faire la part des chiffres de fréquentation relève d’un défi complexe. Tout d’abord, pour des raisons méthodologiques : « Il n’existe actuellement aucune grille commune pour comptabiliser les visiteurs, ce qui implique que les chiffres publiés ne sont pas toujours forcément exacts », signale Émilie Girard, présidente de l’ICOM France. Le problème a été pointé du doigt à plusieurs reprises par notre confrère Bernard Hasquenoph, fondateur du site Louvre pour tous, qui dénonce des effectifs gonflés dans certaines institutions en raison d’un système de comptabilisation quelquefois abusif. Si une telle importance est accordée à la fréquentation, c’est parce que celle-ci est encore aujourd’hui considérée comme l’un des principaux indicateurs de succès pour les musées. Et ce, malgré les potentielles dérives de la surfréquentation, évidentes notamment au Louvre, dans l’œil du cyclone depuis le cambriolage de l’automne dernier. Malgré ces circonstances et les grèves répétées de son personnel, le musée a attiré 9 millions de personnes en 2025, soit une légère hausse par rapport à 2024 (8,7 millions). Le résultat dépasse toutefois largement ses capacités d’accueil (4 millions de visiteurs) et réaffirme la nécessité d’en améliorer les conditions d’accès, ce qu’envisage d’ailleurs le plan « Louvre – Nouvelle Renaissance » annoncé en janvier 2025 par Emmanuel Macron. Passée de 77 % à 73 %, la part des visiteurs étrangers demeure majoritaire. Un facteur qui pourrait toutefois changer avec l’instauration de sa nouvelle grille tarifaire en janvier dernier, qui a fait grimper les prix de 22 euros à 32 euros pour la clientèle hors Union européenne (soit 40 % du visitorat).
Expositions « blockbuster » : la recette du succès ?
Les expositions temporaires sont une ressource décisive pour booster le nombre de visiteurs. Ainsi, l’exposition « Au fil de l’or » au musée du quai Branly – Jacques Chirac, vue par 286 000 visiteurs – un record absolu pour le musée – lui a permis d’atteindre 1,39 million de visiteurs (+9,7 %). Au palais de la Porte-Dorée (+18 % avec 750 079 visiteurs), « Banlieues chéries », qui proposait de repenser l’image des banlieues françaises, a été « massivement relayée sur les réseaux sociaux par les visiteurs eux-mêmes, suscitant une forte appropriation du sujet. C’est l’exposition la plus fréquentée du musée…