En Pologne, l’idée de sortir de l’Union européenne fait son grand retour dans le débat public. Le « Polexit » évoqué pour la première fois en 2015, est aujourd’hui présenté comme une menace face au discours et aux actes eurosceptiques du président Karol Nawrocki.

Alors que la Pologne est devenue le moteur économique de l’UE, la coalition pro-européenne de Donald Tusk craint que la Pologne ne marche dans les pas du Royaume Uni, onze ans après l’idée du Brexit.

Face aux justifications eurosceptiques du président Karol Nawrocki pour justifier son véto contre le programme d’armement européen SAFE, le Premier ministre Donald Tusk dénonce « une hystérie anti-allemande, une réticence grandissante à soutenir l’Ukraine qui combat la Russie. Appelons un chat un chat: ceux qui disent que ce sont les prémices du Polexit ont malheureusement raison ».

De son côté, le parti Droit et Justice (PiS), soutien du Président, juge ce ton alarmiste injustifié. Le député Przemysław Czarnek va même jusqu’à tourner le terme en dérision. « Personne ne parle de Polexit, nous, on dit TUSK-EXIT! A bas le gouvernement! »

Participation au budget de l’Europe

Mais pour Małgorzata Kopka-Piątek, chercheuse à l’Institut d’affaires publiques à Varsovie, le parti nationaliste et conservateur risque de devoir s’allier avec deux autres formations politiques souverainistes bien plus à droite pour l’emporter aux prochaines élections législatives. Et ce, alors que le principal argument pro-européen en Pologne est sur le point de devenir obsolète.

« La Pologne devrait devenir un contributeur net au budget de l’Europe à partir de 2034. Donc l’Union perdra ce qui la rendait populaire en Pologne, à savoir des avantages financiers colossaux dont le pays a bénéficié jusque-là », déclare-t-elle au micro du 12h30 jeudi.

Dans les prochains mois, le Polexit pourrait bien devenir un thème central de la campagne électorale, avant les élections législatives d’octobre 2027.

Adrien Sarlat / juma