Genève va instaurer une nouvelle formation « préqualifiante » dès la rentrée scolaire d’août. Celle-ci concerne les élèves qui ne peuvent pas accéder directement à une formation certifiante de l’enseignement secondaire II. Le système d’évaluation, incluant des critères personnels, suscite des inquiétudes auprès des enseignants.

D’une durée de un à deux ans, cette formation doit permettre d’assurer la transition vers une formation professionnelle ou générale en aidant chaque élève à trouver sa voie. Elle s’adresse principalement aux élèves qui sortent des classes atelier, de la section communication et technologie, ou encore aux non promus de la section langues vivantes et communication.

La formation est composée d’un tronc commun afin de renforcer les connaissances des élèves en français, en mathématiques ou encore en culture générale.

A ce tronc commun s’ajoutent des options pour affiner leur orientation professionnelle. Mais certaines options risquent d’être particulièrement prisées. Et si la demande dépasse les places disponibles, des critères d’admission devront être pris en considération.

Une dimension « personnelle » dans les évaluations

Pour la première fois, les doyens et maîtres de groupe ont dû évaluer les élèves concernés en leur donnant des points. Des critères classiques sont présentés dans un document que la RTS a pu consulter: le taux d’absentéisme de l’élève, sa participation en classe, si les devoirs sont rendus ou encore si les règles de classe sont respectées.

Une dimension « personnelle » a aussi été ajoutée. Si un élève est membre d’un club de sport, qu’il a un groupe d’amis soudé, ou qu’il est en bonne santé générale, sa situation est considérée comme « atout majeur » et il obtient donc 2 points.

Ce sont les critères qui valent des points négatifs qui ont fait jaser parmi le corps enseignant, comme plusieurs d’entre eux l’ont indiqué à la RTS. Des douleurs chroniques, un suivi psychologique ou psychiatrique régulier sont considérés comme « préoccupants ou gênants », et valent un point négatif. Si l’élève souffre de maladie chronique ou de dépression, cela équivaut à 2 points négatifs.

Les mauvaises fréquentations sont aussi évaluées. Pas besoin d’être soi-même directement impliqué: le simple fait de fréquenter une personne connue pour des petits vols, par exemple, peut être sanctionné d’un point négatif.

Clarification du Département de l’instruction publique

Il n’est pas inédit que les enseignants ou doyens échangent entre eux sur les difficultés personnelles rencontrées par leurs élèves. Ce qui a choqué certains doyens, c’est la nouveauté de la démarche: pour la première fois, on leur demande de mettre des notes sur des éléments personnels.

Le Département de l’instruction publique parle d’une compréhension erronée. Un email de clarification a été envoyé mercredi à l’ensemble des directrices et directeurs des cycles d’orientation pour leur garantir que les données personnelles ne seraient pas utilisées comme critères d’admission pour la formation « préqualifiante ».

Le Département n’a pas donné plus de clarification quant au fait de demander d’attribuer une note aux aspects personnels.

Sujet radio: Juliette May et Micaela Mumentaler

Adaptation web: Guillaume Massonnet