Quand la réalité rattrape le divertissement. Ce vendredi soir, les téléspectateurs de M6 vont découvrir un épisode très particulier de « Pékin Express, au royaume des dragons ». « Cette 5e étape ne va pas se passer comme prévu, prévient dès les premières minutes le présentateur Stéphane Rotenberg en voix off. Une violente révolte de la population népalaise va éclater soudainement et les candidats vont se retrouver au cœur de cette révolution. »

Un soulèvement qui n’avait rien d’un jeu télé. Au début du mois de septembre dernier, de nombreux Népalais ont dénoncé un blocage des réseaux sociaux et la corruption des élites lors de manifestations violemment réprimées par la police. 72 personnes y ont perdu la vie. Cette révolte a notamment mené à la démission du gouvernement.

Et le hasard a voulu que ce moment historique pour le pays coïncide avec le tournage de la nouvelle saison de « Pékin Express » et une équipe de production prise de court par la situation. « Quand on est arrivé, on voyait déjà que ça râlait. Progressivement, on sentait que ça se plaignait, ça discutait d’une manifestation où on avait tiré sur des gens. Mais on était loin d’imaginer que ça allait prendre ces proportions », se remémore Stéphane Rotenberg.

« En quelques minutes, tout bascule »

La tension monte au fur et à mesure de cette dernière étape au Népal pour les candidats. « On démarre un épisode en disant des choses qui n’arriveront jamais, explique le présentateur. Leur but est de gagner un passeport pour la Chine. En fait, on va devoir tous y fuir ! »

Car au réveil des binômes le 9 septembre 2025, l’aventure est stoppée nette par les événements qui secouent la capitale népalaise. « Il est 6h30 du matin à Katmandou, précise Stéphane Rotenberg en voix off. Les équipes de production viennent de récupérer dans des vans des binômes qui ont passé la nuit au cœur de la ville. Le convoi se met en route vers le centre-ville, où la course doit démarrer. Mais en quelques minutes, tout bascule. »

Pris entre la colère des manifestants et les blocs de policiers, les équipes ne peuvent plus avancer. De son côté, Stéphane Rotenberg observe la situation se tendre : « Le couvre-feu [mis en place par les autorités] n’est pas respecté. Des manifestants commencent à mettre le feu à quelques trucs. Je retrouve une équipe d’une vingtaine de personnes et j’attends. On voit que ça pète, il y a des hélicos… On a vu un hôtel de 30 ou 40 étages en feu, c’était impressionnant ».

Pour autant, Stéphane Rotenberg décide de documenter la séquence. « On n’était absolument pas pris à partie. Bien au contraire. C’est pour ça que je suis sorti tourner. Je pense que le responsable de sécurité [de la prod de l’émission] m’aurait arraché les yeux s’il m’avait vu le faire mais les gens étaient sympathiques avec nous. Je me suis donc dit qu’on allait faire une image et raconter »,

En parallèle, l’équipe de production et les binômes trouvent refuge dans un hôtel du centre-ville. Ils vont y rester cinq jours.

Un confinement dans un hôtel de la capitale

« C’est un petit peu l’état d’urgence ici à Katmandou, témoigne dans l’épisode, face caméra, Florent, l’un des candidats, dans le jardin de cet hôtel. Là, on entend des coups de pétard… » « Des coups de feu ! Des cris de manifestants autour de nous. Ce n’est pas très rassurant », ajoute sa femme Brigitte. L’aéroport de Katmandou ayant fermé, les binômes et les équipes de production n’ont d’autres choix que d’attendre.

« On était un peu confinés. L’hôtel éteignait la lumière en permanence et faisait comme s’il était fermé. Comme d’autres établissements avaient brûlé, eux aussi craignaient d’être attaqués, explique le producteur de l’émission Thierry Guillaume. On n’avait même pas le droit de manger ensemble. Tout était en pause. » Impossible pour eux également de passer ce temps ensemble, le personnel de l’hôtel interdisant les rassemblements, de peur que le bruit n’attire l’attention.

Une attente complexe à gérer pour les équipes et les binômes. « La grosse difficulté, c’est de s’arrêter, mais surtout, de ne pas savoir quand on va reprendre. Anticiper un redémarrage quand on n’a pas d’échéance, c’est très compliqué », souligne le producteur.

Un casse-tête d’organisation

C’est aussi un « cauchemar logistique » pour la production. « On a eu le temps de réfléchir pendant le confinement. Est-ce qu’on reste plus longtemps ? Mais ça veut dire décaler toutes les autorisations de tournage. Pour la Thaïlande [la dernière étape de la course], ça peut aller. Mais pour la Chine, où chaque autorisation de tournage est corsetée… », se remémore Stéphane Rotenberg. Il ajoute : « Un ou deux jours de perdus dans « Pékin Express », c’est gérable. Cinq jours, c’est un vertige ».

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Les équipes décident finalement de quitter le pays à la réouverture de l’aéroport et de poursuivre la course en Chine. Une étape hors du commun dont se souviendront les candidats de cette saison.