A 72 ans, Dorothée a confié à l’AFP son bonheur de « retrouver les copains » – nom donné à ses fans – pour « se dire que ce n’est jamais terminé ».

De retour 16 ans après votre 59e Bercy, la scène vous manquait-elle ?

« J’avais trop de pression de la part des +copains+, une pression très belle, très forte, pour que je remonte sur scène, beaucoup de courriers en ce sens, sans compter les gens dans la rue, et encore plus depuis le bel hommage que m’a rendu TF1 l’an dernier (4,4 millions de téléspectateurs, NDLR). Alors j’ai obéi, avec plaisir bien sûr ! Des retrouvailles comme une évidence, pour se dire que ce n’est jamais terminé, portées par tout l’amour si émouvant que le public me témoigne depuis si longtemps. J’en tremble, rien qu’en le disant. »

Connaissez-vous encore le trac, vous qui détenez le record féminin du plus grand nombre de Zénith (52 concerts), et des dizaines de milliers d’heures d’émissions ?

« Le trac est toujours là, mais une fois sur scène, il est positif. Avant, il fait un peu peur, mais après, c’est de l’énergie, ce trac-là. »


Votre public réunit aujourd’hui plusieurs générations. Que ressentez-vous ?

« Je suis touchée par cette fidélité, de génération en génération. Tout ce que j’ai fait, je l’ai fait sincèrement, avec tout mon coeur. Cette tournée est l’occasion de rassembler les générations +Récré A2+ et +Club Dorothée+ et les enfants et les petits-enfants des +copains+ de l’époque. »

A quoi va ressembler ce nouveau show ?

« Il y aura bien sûr les plus grands tubes, mais aussi plein de surprises et sans doute beaucoup d’émotion. Nous serons 20 sur scène, dont neuf musiciens, les danseurs et les choristes, à Paris comme pour la tournée. Je serai rejointe aussi par ceux et celles qui m’entouraient pour le +Club Dorothée+. »

Certains programmes de cette émission, dont les mangas, étaient critiqués. Quel souvenir en gardez-vous ?

« Ça a fait mal… C’était des critiques gratuites, comme ça arrive souvent avec ce qui est simplement nouveau. L’important pour moi, c’était les réactions des téléspectateurs. La patience a fait que, maintenant, on a la belle revanche. Nicky Larson ou Dragon Ball sont devenus des films. Avec +Terre, Attention, Danger+ ou +Club Sciences+ (émissions qu’elle co-animait dans les années 90, NDLR), on faisait aussi de la pédagogie et des enfants de l’époque m’ont raconté qu’ils sont devenus scientifiques grâce au +Club Dorothée+. Aujourd’hui, de toute façon, les chaînes ont fait une croix sur les programmes jeunesse… »

Un nouvel album est-il programmé ?

« Laissez-moi recommencer ! (Rires). Les portes ne sont pas fermées, jamais. Il faut la bonne idée et je ne travaille qu’au coup de coeur. »

Vous avez joué dans plusieurs films dont « L’Amour en fuite » de François Truffaut et « Pile ou face » de Robert Enrico. Pourriez-vous revenir au cinéma ?

« Encore une fois, si une proposition me touche bien sûr, mais pas faire pour faire. Cela n’a jamais été ma façon de voir ! »