Après plus de quatre décennies de patience, une Doryanthes Palmeri a enfin dévoilé ses spectaculaires fleurs rouges dans les serres du Jardin botanique de Genève. Cette floraison exceptionnelle, fruit d’un travail d’équipe multigénérationnel, illustre un phénomène botanique fascinant: la monocarpie.
Au cœur de la végétation luxuriante des serres genevoises, une grappe rouge envoûtante attire tous les regards. Cette Doryanthes Palmeri, originaire de l’est de l’Australie, vient d’accomplir un exploit botanique: fleurir pour la première et unique fois de son existence, après 43 années de croissance patiente.
« On appelle ça de la monocarpie. Ce sont des plantes qui accumulent énormément d’énergie durant des années et, une fois qu’elles ont suffisamment de ressources, peuvent se permettre de produire une inflorescence gigantesque », explique vendredi dans le 19h30 Vincent Goldschmid, responsable des serres du Jardin botanique de Genève.
Un aboutissement collectif
Pour Vincent Goldschmid et ses équipes, cette floraison représente bien plus qu’un simple événement botanique. « Je remercie mes collègues des générations précédentes. Pour moi, c’est vraiment l’aboutissement d’un travail d’équipe, c’est énormément de patience pour arriver à un résultat pareil », confie-t-il avec émotion.
Cette patience n’est pas vaine: dans son milieu naturel, la Doryanthes Palmeri est considérée comme une espèce vulnérable. Les serres genevoises, qui abritent quelque 4000 espèces, jouent ainsi un rôle important dans la préservation de ces végétaux menacés.
La relève déjà en préparation
Conscients du caractère éphémère de ce spectacle floral, les jardiniers ont anticipé l’avenir. « Nous avons d’autres générations de Doryanthes Palmeri, comme cette plante en pot qui a été semée en 2016. Elle a donc dix ans de culture », précise Vincent Goldschmid. « Une fois qu’elle aura suffisamment de force, elle pourra nous régaler d’un beau spectacle de fleurs rouges, peut-être d’ici quelques dizaines d’années. »
En attendant, les visiteurs peuvent continuer d’admirer la plante actuelle. Combien de temps encore? « Certainement plusieurs semaines. Les bourgeons vont s’ouvrir les uns après les autres et s’épanouir au long de ces belles journées de printemps », rassure le responsable des serres.
Sujet TV: Camille Rivollet
Adaptation web: ther