Face à la pénurie de personnel qualifié, le Parlement suisse vient d’approuver la réintégration d’anciens militaires dans l’armée. Une mesure qui séduit ceux qui, comme Olivier Reymond, souhaitent reprendre du service dans un contexte sécuritaire tendu. Reportage auprès d’un Vaudois qui a l’armée dans la peau.

L’armée suisse est face à de nombreux défis, dont le manque d’hommes. Pour y remédier, le Parlement vient d’approuver la possibilité de réintégrer d’anciens militaires dans l’armée, une mesure destinée à combler les carences en personnel qualifié.

Olivier Reymond a effectué son service militaire comme simple soldat il y a plus de dix ans. Mais depuis, il n’a jamais cessé de suivre avidement les affaires militaires. Au point d’avoir voulu se réengager sous les drapeaux.

« J’ai toujours eu un intérêt pour l’armée. J’ai trouvé une possibilité qui me permet de facilement concilier mes obligations professionnelles et mes obligations militaires », explique-t-il samedi dans le 19h30. Et d’ajouter: « Le contexte sécuritaire se tendant, mon intérêt s’est retrouvé renforcé. »

Un parcours administratif du combattant

Pour ce nouvel engagement de 240 jours supplémentaires, Olivier Reymond a dû faire des pieds et des mains. « J’ai contacté le service du personnel de l’armée et ils ont mis très longtemps à me répondre. Sans doute parce qu’ils ont dû trouver une astuce, puis demander des autorisations », raconte-t-il.

Un parcours administratif complexe qui sera désormais simplifié. Le Parlement a autorisé les anciens militaires à reprendre du service, une décision saluée par le Conseil fédéral qui y voit une opportunité pour pallier les carences.

Cibler les postes spécialisés

Pour le conseiller fédéral Martin Pfister, conseiller fédéral en charge du Département de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS), il s’agit avant tout de cibler des postes bien précis.

« Nous n’autoriserons ce service volontaire que là où le besoin se fait sentir. Ce besoin est particulièrement criant pour les postes spécialisés, pour lesquels le personnel qualifié est souvent insuffisant », précise-t-il.

Un assouplissement qu’Olivier Reymond voit d’un bon œil. Le Vaudois n’avait pourtant pas gardé d’excellents souvenirs de son école de recrues, mais cette fois-ci, c’est différent. « Je n’ai pas eu l’impression de contribuer de manière significative et intéressante quand j’ai fait mon service long », confie-t-il. Mais les années ont passé: « Aujourd’hui, je suis à une autre étape de ma vie. Et puis je pense que je peux amener d’autres choses », conclut-il.

Reportages TV: Michael Maccabez et Tamara Muncanovic

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