Le Märlitram, né dans les années 1950 pour émerveiller petits et grands durant l’Avent, semblait condamné avec la faillite de son créateur, le grand magasin de la Bahnhofstrasse Jelmoli. Mais une autre enseigne assure son financement, et même une nouvelle saison: désormais, le Märlitram circule aussi au printemps.
Dans les rues de Zurich, le Märlitram – « tram des contes » – attire tous les regards. Pas étonnant : voir ce tram, normalement rouge et conduit par le Père Noël, circuler au printemps est un spectacle inhabituel. Depuis la mi-mars et pour un mois, il se pare de vert, et est conduit par une figure emblématique du folklore printanier zurichois : le Böögg, ce bonhomme de neige brûlé lors du Sechseläuten.
Sous le costume se cache Guido Schweitzer. « Je conduis ce tramway depuis dix-huit ans… C’est un peu mon bébé! C’est une activité très addictive. Exigeante, mais belle! », confie-t-il, lundi dans le 12h30 de la RTS.
Depuis la mi-mars et pour un mois, le Märlitram se pare de vert, et aux commandes se trouve une figure emblématique du folklore printanier zurichois : le Böögg, ce bonhomme de neige. [RTS – VALENTIN JORDIL] Réservé aux enfants
Les passagers, âgés de 4 à 9 ans, ne cachent pas, non plus, leur enthousiasme. « Je trouve le Märlitram cool! », lance une petite fille. « Je viens presque chaque année », ajoute un garçon. Pour certains, pourtant, l’expérience demande un peu de courage: les parents ne sont pas admis.
Car c’est l’une des particularités du Märlitram: pendant vingt minutes, il devient un univers exclusivement réservé aux enfants. A l’intérieur de ce tram historique de 1913 – le plus ancien de la flotte des VBZ – des conteuses en costume traditionnel plongent les jeunes passagers dans l’univers du Sechseläuten.
Parmi elles, Mélanie Biri, qui raconte ces histoires en dialecte. « Les gens nous regardent, nous font signe… et ils ne peuvent pas s’empêcher de sourire, surtout quand le Böögg leur fait signe aussi. »
>> Voir une archive du Märlitram en 1966 SRF Une publicité de Jelmoli
Le Märlitram est né en 1958 comme une opération publicitaire ingénieuse: un billet était offert contre un achat de dix francs au rayon jouets de Jelmoli. Depuis, la magie opère toujours. Les enfants d’hier sont devenus les parents d’aujourd’hui, et la tradition se transmet avec émotion.
« Moi aussi, quand j’étais enfant, j’y allais toujours », confie une mère de famille. Pour les parents, c’est aussi une parenthèse bienvenue. « On va prendre un café et passer un bon moment », ajoute-t-elle.
>> Voir aussi le documentaire Jelmoli: histoire d’un grand magasin :
Jelmoli – Histoire d’un grand magasin / Histoire vivante / 75 min. / le 30 mars 2026
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« Il fait partie intégrante de Zurich »
Après la disparition de Jelmoli, Zurich Tourisme a dû trouver un nouveau partenaire pour maintenir le projet. Coop a alors accepté de financer les 150’000 francs nécessaires à l’exploitation du tram, assurant ainsi la survie d’une tradition vieille de près de 70 ans.
« De nombreux adultes zurichois voient aujourd’hui le tram et leurs yeux s’illuminent, car ils l’ont eux-mêmes pris quand ils étaient enfants », explique Michael Müller, porte-parole de Zurich Tourisme. « Et il en va de même pour les enfants: ils sont émerveillés et veulent monter à bord. Il fait partie intégrante de Zurich comme aucun autre tramway. »
Chaque hiver, jusqu’à 10’000 enfants embarquent à bord du Märlitram. Désormais, le printemps aussi aura droit à sa part de magie.
Valentin Jordil