Le président américain suit de près, de très près même, les marchés. Il a l’œil en permanence sur le cours du pétrole, sur les indices boursiers américains et sur les taux d’emprunt de l’État américain. Pour une raison simple : ce sont trois composants essentiels du pouvoir d’achat des Américains. Le pétrole pour le prix de l’essence, et nous entrons dans la « driving season », une période qui s’étend d’avril à septembre.

Les indices boursiers pour l’effet richesse qui a soutenu la consommation depuis quelques années et a permis à la croissance américaine de se maintenir au-dessus de 2 %. Et enfin les taux d’intérêt, qui conditionnent à la fois le crédit, utilisé largement par les ménages américains et les entreprises, et le budget d’un État avec une dette abyssale.

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Trump est un homme de marchés. Et il connaît parfaitement l’impact de chacune de ses déclarations. On en a eu une illustration frappante ces derniers jours. En début de semaine avec un rebond massif des actions suivant sa déclaration selon laquelle la guerre se terminerait dans deux ou trois semaines. Et mercredi soir, lors d’une allocution officielle sur la guerre en Iran qui a renvoyé les indices boursiers à la baisse et les cours du pétrole à la hausse.

Les investisseurs attendaient une date précise de fin de conflit, et il a soufflé le chaud et le froid en indiquant que les objectifs militaires avaient presque tous été atteints mais qu’il allait quand même renvoyer l’Iran à l’âge de pierre « auquel il appartient » dans les jours qui viennent. Les investisseurs perdus et déçus ont opté pour la morosité. Un yoyo épuisant pour les investisseurs et les traders.

Et pour vous ? Et pour les épargnants ? Vous devez prendre de la hauteur. Et ne pas prendre de décisions à la hâte en fonction des déclarations de Trump. On ne « trade » pas son patrimoine, sauf si c’est son métier. Le temps du patrimoine est un temps long. Oui, je sais : dans un monde où une journée est déjà considérée comme du moyen terme et où l’agitation et le bruit sont devenus notre quotidien, se projeter paraît de plus en plus difficile.

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Mais rappelons ici quelques règles basiques de placement : l’horizon de temps pour un investissement en Bourse est dix ans (pour Warren Buffett, c’est même un investissement à vie), pour un placement de taux, en dehors du livret A, c’est cinq ans minimum, pour le private equity (le non-coté) c’est plus de dix ans aussi, et pour la dette privée cinq à huit ans.

Attention ! Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas régulièrement modifier son allocation en fonction d’événements majeurs (la fin de la guerre sera un événement majeur, les déclarations quotidiennes de Trump n’en sont pas), mais il faut garder à l’esprit que vous devez investir dans la durée. Et ne pas paniquer à chaque explosion de la volatilité. C’est une discipline essentielle. Modifier trop souvent ses investissements quand on n’est pas un professionnel du placement ne peut qu’altérer la performance. Quand tout s’accélère, il faut prendre de la hauteur. Plus simple à dire qu’à faire certes, mais essayez quand même.