Fabrice Chandre, directeur de recherche, entomologiste et responsable du Vectopôle, plateforme de recherche et de formation dédiée à l’étude des insectes vecteurs de maladies, à l’Institut de recherche pour le développement (IRD) de Montpellier, prévient d’emblée : « Ici, il y a trois zones mais nous n’entrerons pas dans la troisième, pour laquelle il est indispensable de s’équiper de blouse, de sur-chaussures, d’une double paire de gants et d’un masque ». Et pour cause : si le niveau 1 est réservé à l’élevage de moustiques non infectés par des pathogènes, et le niveau 2 à l’élevage d’insectes qui peuvent être porteurs de pathogènes, le niveau 3, quant à lui, renferme des moustiques infectés par des pathogènes humains – dengue, chikungunya, Zika et autre paludisme – et pour lesquels il n’existe pas forcément de vaccins.

Ce spécialiste des mécanismes de résistance aux insecticides chez les moustiques explore depuis près de trente ans le mystère des Anopheles, Aedes ou Culex. Alors que le Sommet One Health (santé globale) se tient ce 7 avril à Lyon, mobilisant une vaste communauté internationale, Fabrice Chandre rappelle que l’approche « one health », qui est désormais une boussole des politiques publiques afin d’anticiper de nombreuses maladies et des pandémies, est connue de longue date à l’IRD.

Au sein du Vectopôle, le chercheur et ses collègues tentent de mieux comprendre le comportement des insectes, leurs interactions avec les agents pathogènes et leur résistance aux insecticides afin de développer de nouvelles stratégies de prévention et de lutte contre les maladies vectorielles, enjeu majeur de santé publique à l’échelle mondiale. Par exemple, la technique de la moustiquaire imprégnée en Afrique sub-saharienne, ou celle du moustique stérile (les moustiques au stade nymphal sont exposés aux rayons X qui rendent leurs spermatozoïdes stériles et bloquent la reproduction).