Le Conseil-exécutif bernois souhaite augmenter les dépenses de la Confédération pour la défense nationale à au moins 2% du produit intérieur brut (PIB) pendant dix ans. Il soutient une motion issue des rangs bourgeois du Grand Conseil demandant le dépôt d’une initiative cantonale.
Le texte de la motion, signé par 49 députés, rappelle que la situation militaire internationale s’est dégradée depuis l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014, et encore davantage avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022. «Depuis peu, les tactiques de guerre hybride de la Russie visent également de plus en plus les pays d’Europe centrale et occidentale, en violation flagrante du droit international», soulignent les motionnaires.
Dans ce contexte d’instabilité, les dépenses militaires de la Suisse se situaient à 0,72% du PIB en 2014. Il est prévu de les faire passer à 1% du PIB d’ici 2032.
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L’argument: rejoindre les standards européens
Cela reste moins que de nombreux autres pays européens, comme la Pologne (qui investit 4,7% de son PIB pour sa défense), la Finlande (2,4%), le Danemark (2,4%), la Norvège (2,2%), la Suède (2,1%) ou encore les Pays-Bas (1,9%). Augmenter les dépenses de la Suisse à 2% du PIB pendant dix ans, comme le demande le texte, permettrait de s’aligner sur les standards européens en matière de politique de sécurité.
Le Conseil-exécutif soutient le dépôt d’une initiative cantonale en ce sens et propose donc au Grand Conseil d’adopter la motion relative. «Une (re) mise en place de la protection de la population contre des menaces concrètes (p. ex. des attaques de roquettes) s’impose depuis longtemps», écrit l’exécutif cantonal dans sa réponse publiée mardi.
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