A Zurich, à peine le temps de décrocher les affiches du scrutin communal du 8 mars que les urnes vont rouvrir. Les électrices et électeurs sont à nouveau appelés à voter le 10 mai pour élire leur maire. Un seul candidat est en lice, le socialiste Raphael Golta. Pas de suspense donc… mais un passage par les urnes malgré tout obligatoire.
Au premier tour, le 8 mars dernier, Raphael Golta a frôlé la majorité absolue, manquant celle-ci de seulement 2730 voix pour être élu maire de Zurich. Son principal rival, le libéral-radical Perparim Avdili, avait été relégué à près de 27’000 voix derrière.
A l’exception de Raphael Golta, aucun des six candidats n’a été élu à l’exécutif et pouvait donc se représenter au second tour. Résultat, le socialiste est désormais le seul candidat officiel pour le scrutin du 10 mai.
Mais il lui est impossible d’être élu tacitement. La loi zurichoise impose un vote, même lorsqu’il n’y a qu’un seul candidat, une exception dans le paysage suisse.
Election de renouvellement à la présidence de la ville de Zurich. [KEYSTONE – LENA]
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Une surprise reste-t-elle possible?
Techniquement, les électeurs peuvent inscrire sur leur bulletin le nom de l’un des neuf conseillers municipaux élus au premier tour. Mais dans les faits, le suspense reste limité. Sept d’entre eux sont socialistes ou écologistes, et aucun n’a souhaité contrer Raphael Golta.
A droite, le libéral-radical Michael Baumer et le Vert’libéral Andreas Hauri ont également renoncé à se lancer officiellement.
Ce second tour devrait coûter environ 600’000 francs à la ville, notamment pour l’affranchissement des enveloppes de vote, le montant exact dépendant du taux de participation.
Un précédent en 1990
Ce n’est pas une première à Zurich. En 1990, le socialiste Josef Estermann, nouvellement élu, s’était retrouvé seul au second tour après le retrait du maire sortant PLR Thomas Wagner.
Même dans ce contexte, le résultat avait été serré: Thomas Wagner, sans être candidat officiel, avait obtenu seulement 3000 voix de moins que Josef Estermann. Ce scrutin avait marqué le début de la domination rose-verte à Zurich.
« J’ai une autre personnalité »
Sauf énorme surprise, Raphael Golta devrait devenir le prochain maire de Zurich. Âgé de 50 ans, il siège à l’exécutif de Zurich depuis dix ans et dirige le département des Affaires sociales. Souvent présenté comme l’héritier de la maire actuelle Corine Mauch, il assume cette filiation tout en cherchant à imprimer sa propre marque.
La maire sortante socialiste Corine Mauch et le conseiller municipal socialiste Raphael Golta posent à l’occasion des élections municipales à l’Hôtel de ville de Zurich, le 8 mars 2026. [KEYSTONE – GAETAN BALLY]
« Je m’appuierai certainement sur le travail de Corine Mauch. Cela fait maintenant deux législatures que nous travaillons ensemble et cela m’a bien sûr influencé. Mais ce qui est clair, c’est que j’appartiens à une nouvelle génération, j’ai une autre personnalité. C’est pourquoi je pourrai certainement définir mes propres priorités », confiait-il avant le premier tour, à la RTS.
Sa priorité: faire de Zurich une ville pour toutes et tous, avec au premier plan la crise du logement. Il plaide pour davantage de logements abordables et une meilleure protection des locataires
Autre objectif: réduire le trafic automobile sans pour autant exclure les automobilistes. Son style se distingue par un ton plus direct que celui de Corine Mauch: il n’hésite pas à hausser la voix, tout en affirmant ne pas être rancunier.
Valentin Jordil