L’ambassadeur d’Italie est de retour en Suisse. Rappelé à Rome fin janvier, Gian Lorenzo Cornado salue désormais la coopération de la justice helvétique dans l’enquête sur l’incendie de Crans-Montana. Il assure que, malgré les tensions, il n’y a pas eu d' »ingérence » des autorités transalpines.
L’Italie avait rappelé le 24 janvier à Rome son diplomate pour marquer sa désapprobation sur l’enquête menée par les autorités valaisannes sur le drame du 1er janvier. Elle avait fixé deux exigences pour le retour de l’ambassadeur, a rappelé le diplomate mardi soir au micro du 19h30 de la RTS
D’une part l’amorce d’une « coopération efficace entre les deux ministères publics ». Une exigence remplie selon lui: la rencontre entre les enquêteurs italiens et valaisans le 25 mars a été « un succès ». Le procureur transalpin a pu consulter « au moins 3000 documents » et la moitié d’entre eux seront transmis à Rome dans les prochaines semaines.
Le ministère public valaisan a également « anticipé la demande des vidéos et des photos contenues dans les téléphones cellulaires des victimes et des blessés, ainsi que des procès-verbaux des témoignages qui ont été apportés à la justice italienne par les jeunes blessés en Italie », a-t-il ajouté. « Donc cette première demande était acceptée ».
Une confrontation « entre amis »
Rome n’a en revanche pas obtenu la mise sur pied d’une équipe commune d’enquête. Mais cette exigence était « surmontée par la version renforcée qui a été proposée (…) qui offre les mêmes instruments, voire même plus d’instruments, aux enquêteurs italiens », a-t-il dit.
Selon lui, son rappel était « l’interprète des sentiments » des familles des victimes qui se sont senties « blessées et outrées » par la libération du propriétaire du bar Le Constellation, Jacques Moretti, une réaction « unanime de l’Italie ». Les familles ont d’ailleurs été consultées jeudi dernier sur le retour de l’ambassadeur.
>> Revoir le reportage du 19h30 :
Drame de Crans-Montana : fin de la crise diplomatique entre la Suisse et l’Italie / 19h30 / 2 min. / aujourd’hui à 19:30 Pas d’ingérence italienne
Pour autant, Gian Lorenzo Cornado estime qu’il n’y a pas eu d’ingérence italienne dans l’enquête: « il y a eu un dialogue franc, une confrontation entre la Suisse et l’Italie, mais dans la franchise et la loyauté, comme on fait entre des amis », assure-t-il.
Le retour de Gian Lorenzo Cornado a été annoncé jeudi, au lendemain d’une cérémonie en hommage aux victimes à Crans-Montana en présence de représentants de l’ambassade d’Italie en Suisse. La venue de cette délégation officielle italienne dans la station valaisanne marquait les trois mois de l’incendie qui a fait 41 morts et 115 blessés. Six victimes sont italiennes auxquelles s’ajoute une dizaine de blessés.
ats/ther