« Max », ce taureau en bois de vingt mètres de haut était la star de la Fête fédérale de lutte suisse et des jeux alpestres l’été dernier à Mollis (GL). Démonté pièce par pièce après avoir attiré des milliers de visiteurs, le colosse s’apprête à renaître au-dessus d’Andermatt (UR). Mais des fonds alloués par le canton pour le réinstaller suscite des critiques.

Il y a encore quelques mois, le canton d’Uri faisait bloc pour récupérer Max, allant jusqu’à rivaliser avec cinq autres cantons pour l’acquérir, pour plus d’un million de francs. Un choix symbolique: le taureau figure sur le drapeau uranais.

Aujourd’hui, le projet de réinstallation de « Max der Uristier » (Max le taureau d’Uri) — plus de 180 tonnes — sur le site du Nätschen, au-dessus d’Andermatt, vise à renforcer l’attractivité touristique de la région.

L’installation ne serait plus seulement une sculpture, comme lors de la Fête fédérale de lutte: les visiteurs pourront en effet pénétrer cette fois-ci à l’intérieur de la structure, répartie sur quatre niveaux, avec des expositions consacrées à sa construction, aux cristaux de roche, ainsi qu’une plateforme d’observation.

Mais cette ambition a un coût. Le budget global dépasse les deux millions de francs, nécessitant encore un important recours à des fonds privés.

Une enveloppe de 100’000 francs

Pour soutenir la phase initiale, le canton d’Uri et la Confédération ont récemment accordé une enveloppe de 100’000 francs dans le cadre de la Nouvelle politique régionale. Cette somme, financée à parts égales, doit permettre de réaliser une étude de faisabilité, un business plan et un concept d’exploitation, avec l’appui d’experts externes.

Les autorités cantonales posent toutefois des limites claires: aucune participation n’est prévue pour l’achat du taureau, son transport, son stockage ou encore sa reconstruction.

Une aide qui passe mal à gauche

Ce soutien public, même limité, ne fait pas l’unanimité. La gauche uranaise dénonce une aide « incompréhensible » dans un contexte d’austérité budgétaire. Elle critique le fait que des fonds publics soient engagés pour un projet à caractère privé, dont la viabilité économique reste à démontrer.

Sur le plan administratif, le projet avance rapidement. Le site prévu se situe en zone touristique, ce qui évite toute modification du plan d’aménagement local. Une demande de permis de construire, limitée à cinq ans pour simplifier les démarches, est en préparation.

Si tout se déroule comme prévu, Max pourrait accueillir ses premiers visiteurs dès cet été au-dessus d’Andermatt.

Valentin Jordil