On le surnomme le « Petit Prince du Raï ». Né le 6 juin 1978 à Mantes-la-Jolie dans une famille d’origine algérienne, Faudel Belloua a grandi à la cité du Val Fourré avant de s’imposer comme l’un des visages les plus attachants de la musique française des années 1990. Révélé en 1997 avec son premier album Baïda et le titre Tellement N’brick, il avait ensuite enchaîné les succès, participé au mythique concert 1, 2, 3 Soleils à Bercy aux côtés de Khaled et Rachid Taha, et décroché la récompense de Révélation de l’année aux Victoires de la Musique en 1999.
Mais c’est en 2006 qu’il a signé l’un des titres les plus marquants de sa carrière : Mon pays, numéro un des ventes en France dès sa sortie en novembre. Dans une interview accordée au Buzz TV du Figaro, Faudel a levé le voile sur les coulisses de cette chanson emblématique. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que tout avait presque très mal commencé.
Une phrase mal interprétée, un malentendu qui aurait pu tout faire capoter pour Faudel
Derrière Mon pays se cache une histoire inattendue, celle d’une idée lancée un peu trop vite au téléphone et reçue de travers. À l’origine, un appel de Pascal Obispo à Faudel, dans un contexte particulier : les deux artistes se connaissaient déjà, ayant notamment tous les deux participé au projet caritatif Sa raison d’être en 1998, aux côtés de Johnny Hallyday, Line Renaud et une quarantaine d’autres artistes mobilisés pour le Sidaction. Pascal Obispo demande alors à Faudel de lui « faire des trucs de son pays ». Réaction immédiate du chanteur qui comprend de travers la demande et prend celle-ci très mal.
« Mon pays ? C’est ici que je suis né », lui répond-il en substance, interprétant la demande comme une façon de le renvoyer à ses origines algériennes plutôt qu’à son identité française. Ce malentendu dit beaucoup de la sensibilité de Faudel sur la question de l’appartenance : né en France de parents algériens, il a souvent navigué entre deux cultures, et l’idée d’être réduit à une seule d’entre elles avait de quoi faire réagir.
Mais Pascal Obispo pensait en réalité aux « musiques » de son pays, pas à ses racines. Quelques mois plus tard, il rappelle Faudel, lui dit avoir une chanson à lui faire écouter et l’invite à le rejoindre à Marseille, où il réside alors. Le chanteur accepte, s’y rend, et découvre le titre écrit par Frédéric Chateau et Frédéric Lobovici. Le malentendu, finalement, aura accouché d’un bijou.
Cinq secondes pour reconnaître un tube, et une nouvelle version en préparation
La suite appartient à l’histoire de la chanson française. Dès les premières mesures, Faudel n’a aucun doute : « C’est un tube, Pascal », lui dit-il. Ce à quoi Pascal Obispo aurait répondu, avec la confiance tranquille de celui qui sait ce qu’il fait : « Tu me connais. » Mon pays raconte la double identité française et algérienne du chanteur, et résonne de façon très particulière pour tous ceux qui se reconnaissent dans cette histoire d’amour pour deux cultures à la fois.
Le titre s’est classé directement en tête des ventes dès la semaine du 18 novembre 2006, et avait accumulé 356 000 ventes en France à l’été 2014, faisant de lui l’un des singles les plus populaires du 21e siècle dans l’Hexagone.
Près de vingt ans après sa sortie, la chanson continue de faire son effet. Faudel raconte qu’elle a été bien accueillie lors du festival I Gotta Feeling, où elle a visiblement « ressuscité » l’enthousiasme du public. Et visiblement, ce n’est pas fini : en effet, une nouvelle version du titre est en préparation. Pas question de trahir l’original, mais d’en proposer une relecture plus actuelle, avec des sonorités un peu plus urbaines et pop. C’est le public lui-même qui le réclame, dit le chanteur. Difficile de résister à ça.
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