Une série sur la jeunesse… mais pas seulement

A première vue, Euphoria pourrait passer pour une chronique classique de l’adolescence américaine. On y suit un groupe de lycéens confrontés à des problématiques universelles : premières amours, construction de soi, pressions sociales. Pourtant, la série créée par Sam Levinson va bien au-delà de ce cadre.

Dès ses débuts en 2019, elle s’est distinguée par une approche frontale de sujets délicats : dépendances, sexualité, santé mentale. Sur ce point, elle rappelle certaines œuvres marquantes comme la série britannique Skins ou, au cinéma, Requiem for a Dream de Darren Aronofsky. Le ton est souvent cru, parfois dérangeant, ce qui explique qu’elle ne fasse pas l’unanimité.

Le personnage central, Rue, incarné par Zendaya (récompensée à plusieurs reprises pour ce rôle), est une jeune femme en lutte contre ses addictions. Autour d’elle gravitent d’autres figures tout aussi complexes, comme Cassie ou Nate, chacun portant ses propres fragilités. Cette galerie de personnages contribue à donner à la série une dimension presque universelle : au fond, il ne s’agit pas seulement de jeunesse, mais de quête d’identité et de sens, quel que soit l’âge.

Euphoria S3 (6)Euphoria S3 (6)Source: DR

Une esthétique marquante, entre fascination et malaise

Parmi tous les éléments qui ont aidé Euphoria à sortir du lot, impossible de ne pas évoquer sa mise en scène. Lumières travaillées, couleurs saturées, maquillage devenu signature visuelle : la série développe une véritable identité esthétique. Elle a même influencé certaines tendances sur les réseaux sociaux, preuve de son impact culturel. Mais cette stylisation n’est pas qu’un simple effet de mode. Elle accompagne le récit, traduisant les émotions des personnages, leurs excès, leurs déséquilibres. On est parfois plus proche d’une expérience sensorielle que d’un récit classique, ce qui peut séduire… ou déconcerter.

C’est aussi là que se situent certaines critiques. La série a été accusée de rendre “esthétiques” des comportements destructeurs, notamment liés à la drogue ou aux relations toxiques. Une ambiguïté qui fait partie intégrante de son ADN : Euphoria ne cherche pas toujours à rassurer ou à moraliser. Elle montre, souvent sans filtre, et laisse le spectateur se faire son opinion.

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Après quatre ans d’attente, la nouvelle saison marque un tournant important. Les personnages ne sont plus au lycée : ils entrent dans une vie d’adultes, avec des enjeux plus lourds et des conséquences plus concrètes.

D’après les premières images, Rue semble s’engager dans une trajectoire encore plus dangereuse, flirtant avec des milieux criminels. Ce glissement rappelle certaines grandes séries contemporaines comme Breaking Bad, où un personnage évolue progressivement vers des zones de plus en plus sombres. Les thèmes annoncés prennent également de l’ampleur : foi, rédemption, culpabilité. On s’éloigne du simple récit adolescent pour explorer des questions existentielles, susceptibles de parler à un public plus large.

Sur le plan formel, la production a également revu ses ambitions à la hausse. L’utilisation de pellicule 65 mm (un format rare pour la télévision) témoigne d’une volonté de rapprocher la série du cinéma. Une évolution intéressante, même si elle pose une question centrale : jusqu’où peut-on aller sans perdre l’équilibre entre style et narration ?

Le casting, lui, reste un atout majeur. Zendaya et Sydney Sweeney reprennent leurs rôles, accompagnées de nouvelles figures comme Sharon Stone ou Natasha Lyonne. Enfin, on notera également la présence d’Eric Dane, dans ce qui constitue son dernier rôle, tourné peu avant son décès en 2026.

Avec cette nouvelle saison disponible sur HBO Max, Euphoria cherche à franchir un cap, en gagnant en maturité sans renier son identité. Série exigeante, parfois inconfortable, elle mérite néanmoins qu’on s’y intéresse pour ce qu’elle dit de notre époque. Même sans être sa cible première, un public senior pourra y trouver matière à réflexion… à condition d’accepter une certaine intensité !