Documents de vote

Les frais de port pour renvoyer les documents de vote en Suisse varient selon le pays de résidence, parfois de manière considérable.

Keystone / Alessandro Della Valle

Selon l’endroit, les Suisses résidant à l’étranger doivent parfois payer des frais de port élevés afin que leurs votes parviennent à leur pays d’origine. À partir de quel montant la participation politique devient-elle trop coûteuse? Notre enquête.

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09 avril 2026 – 09:00

J’écris sur les développements politiques et les questions sociales qui sont pertinentes pour les Suisses de l’étranger. Dans le cadre du projet de la SSR «dialogue», j’ai également pour objectif d’encourager les débats multilingues entre les Suisses de l’étranger et les personnes vivant en Suisse.
Après avoir obtenu mon diplôme à l’école de journalisme MAZ, j’ai travaillé comme directrice des programmes d’une radio locale à Bâle. J’ai fait des reportages sur des sujets politiques, économiques, sociaux et culturels. Je travaille pour SWI swissinfo.ch depuis 2023.


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«Chers Suisses et chères Suissesses au Danemark, quelqu’un a-t-il déjà reçu le matériel de vote pour les votations du 8 mars?» Cette question a été posée par une utilisatrice en février sur Swisscommunity, une plateforme destinée aux Suisses de l’étranger.

Pour le contexte, c’était alors la première fois au Danemark que les documents de vote en provenance de Suisse n’étaient plus distribués par l’opérateur postal public Postnord.

Le Danemark est considéré comme précurseur en matière de numérisation. Il a été le premier pays européen à mettre fin à la distribution publique du courrier à la fin 2025 et à supprimer toutes les traditionnelles boîtes aux lettres rouges de Postnord. Depuis le début de l’année, la distribution du courrier – dont les enveloppes de vote en provenance de Suisse – est assurée par la société privée DaoLien externe.

Les votations de mars ont donc donné aux Suisses de l’étranger l’occasion de tester le nouveau système. «J’ai lu que la réception tardive des documents de vote est un problème récurrent pour les Suisses de l’étranger. Mais c’est la première fois que cela m’arrive ici au Danemark», déclare Alice el-Wakil, qui vit dans le pays nordique depuis l’automne 2022.

Cette politologue spécialisée dans les questions de participation et de représentation est particulièrement attentive aux grains de sable qui viennent perturber le bon fonctionnement de la machine démocratique.

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Les expériences des Suisses avec Dao sont diverses. Un utilisateur de Facebook écrit: «Nous avons reçu bien reçu les documents, tant pour les votations du 8 mars que pour les élections cantonales bernoises du 29 mars. Mais ils sont arrivés deux semaines avant la date prévue au lieu de quatre.»

D’autres électeurs et électrices disent en revanche avoir reçu les documents à temps. Une partie d’entre eux ont toutefois vécu la même expérience qu’Alice el-Wakil et n’ont pas trouvé d’enveloppe de vote dans leur boîte aux lettres.

Maxime Bergamin est vice-présidente du Club suisse du Danemark. Elle aussi a eu des retours de Suisses déplorant de n’avoir pas reçu leurs documents de vote à temps. «Beaucoup de personnes, moi y compris, n’ont pas reçu une seule lettre depuis des semaines. Cela concerne aussi les documents pour les votations et les élections en Suisse», explique-t-elle.

Interrogée par Swissinfo, la Chancellerie fédérale répond s’être renseignée, par l’intermédiaire du Département fédéral des Affaires étrangères (DFAE), quant aux répercussions sur la distribution du courrier au Danemark. «Selon les informations reçues, la transition ne devrait pas affecter les délais de la distribution postale.» La Chancellerie fédérale affirme n’avoir pas connaissance de retards systématiques.

Des frais d’envoi parfois élevés depuis l’étranger

Outre la question des retards ou de l’absence de distribution des enveloppes de vote, les frais d’envoi font également l’objet de discussions au sein de la communauté suisse au Danemark. «Envoyer une lettre en Suisse coûte 46 couronnes danoises (5,60 francs), et cela prend entre 4 et 16 jours ouvrables, ce qui dépasse les délais pour voter en Suisse», explique Maxime Bergamin.

Un utilisateur de Facebook partage ce point de vue. «Qui voudrait envoyer une lettre en Suisse à ce prix-là?», s’interroge-t-il.

Certes, 5,60 francs par lettre, cela semble en principe supportable. Mais les Suisses sont en règle générale appelés aux urnes quatre fois par an, ce qui représente 22,40 francs pour l’ensemble d’une année électorale. On peut alors se demander à partir de quel montant la participation politique devient trop coûteuse. De même, est-il acceptable qu’elle varie en fonction du pays de résidence?

En moyenne, 10 à 15 objets fédéraux sont au programme chaque année. La loi sur les Suisses de l’étranger prévoit que les plus de 230’000 Suisses de l’étranger actuellement habilités à voter puissent participer à la démocratie suisse.

La Belgique particulièrement chère

En Belgique, les électeurs et électrices suisses doivent particulièrement mettre la main à la poche. Le renvoi de leur bulletin de vote en Suisse leur coûte l’équivalent de 8,10 francs. «Et les prix augmentent régulièrement», souligne Florence Roth, déléguée pour les Suisses de l’étranger en Belgique.

L’envoi est moins cher depuis le Canada (3 francs) ou l’Irlande (3,20 francs). Les personnes pressées par le temps préfèrent toutefois opter pour un service plus rapide, qui coûte par exemple quatre fois plus cher en Irlande (12,80 francs).

Selon Roland Erne, délégué des Suisses de l’étranger en Irlande, ces frais d’envoi pourraient dissuader une partie des Suisses de l’étranger d’exercer leur droit de vote. «Je l’ai déjà entendu à plusieurs reprises», nous répond-il.

Ruth Perracini-Liechti, déléguée du Costa Rica, partage cet avis: «Les frais d’envoi depuis le Costa Rica s’élèvent à environ dix francs.» Selon elle, le problème réside toutefois dans le fait que les documents de vote n’arrivent généralement pas à temps. Mais «même si nous recevons les documents, je suppose que certaines personnes ne votent pas en raison des coûts élevés.»

Le retard reste le principal problème

Ruth Perracini-Liechti met ainsi le doigt sur un point sensible: le principal problème n’est pas le coût d’envoi des enveloppes de vote; la communauté des Suisses de l’étranger s’accorde sur ce point. Le retard de distribution dans certains pays est davantage critiqué. Il entraîne également le risque que le vote exprimé n’arrive pas à temps en Suisse.

Les personnes qui veulent s’assurer que leur vote sera pris en compte, bien qu’elles aient reçu les documents tardivement, ont tout intérêt à recourir à un service de messagerie. Mais c’est cher.

«Si les documents arrivent au plus tard une semaine avant la date du scrutin, nous ne pouvons les renvoyer que par messagerie. Cela coûte environ 30 francs depuis Shanghaï», explique Daniel Heusser, membre du Conseil des Suisses de l’étranger en Chine.

Camion postal de DHL

Si vous souhaitez que cela se fasse rapidement, faites appel à des prestataires tels que le service de messagerie DHL pour l’envoi des documents de vote.

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La situation est similaire au Sri Lanka. Comme il ne reçoit généralement les documents électoraux que peu avant le scrutin, Rolf Blaser, membre du Conseil des Suisses de l’étranger, n’a encore jamais essayé d’utiliser la poste ordinaire pour les renvoyer. «Il ne reste donc que l’option du service de messagerie, qui coûte environ 100 francs», explique-t-il. Ces coûts le dissuadent de voter, «et probablement tous les autres Suisses de cette région aussi», selon lui.

Grouper les envois

Flurina Dünki vit à Mexico. Elle aussi estime que le problème de la participation politique depuis le Mexique réside dans la distance qui la sépare de son pays d’origine. «Il faut compter environ deux à trois semaines pour que l’enveloppe de vote nous parvienne.» Il faut ensuite la renvoyer immédiatement par la poste pour qu’elle ait encore une chance d’arriver à temps en Suisse. «C’est plus sûr avec un service postal privé», explique-t-elle.

La Suissesse a elle-même testé cette option lors du scrutin de mars. «Voter m’a coûté environ 60 francs.» Une somme qui suppose une forte motivation politique, pour autant qu’on puisse se le permettre.

Sa recommandation pour limiter les coûts: les votants et votantes devraient se regrouper et envoyer une enveloppe collective par courrier privé à une personne en Suisse, laquelle se chargerait ensuite de l’envoi dans le pays.

Beaucoup de Suisses de l’étranger évoquent l’introduction du vote électronique comme solution possible aux frais d’envoi élevés. Mais la débâcle du vote électronique à Bâle le 8 mars vient justement d’ébranler la confiance d’une partie d’entre eux dans ce système.

Un système de vote électronique couvrant l’ensemble de la Suisse engendrerait toutefois aussi des coûts – jusqu’à 600 millions de francs, selon les dernières estimations disponibles. À la différence près que ces dépenses seraient à la charge de l’État.

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