Rappelé à l’ordre par les autorités genevoises, Booking.com a dû cesser son service de réservation de véhicules depuis le 1er avril. En cause: des tarifs jugés exorbitants et surtout, une non-conformité avec la loi cantonale.

La plateforme de réservation américaine a été rappelée à l’ordre par la police du commerce pour non-respect de la loi sur les taxis, c’est-à-dire qu’elle n’avait pas l’autorisation de proposer des courses, révèle la Tribune de Genève jeudi. En janvier, le quotidien nous apprenait déjà que des courses via son site avaient fait scandale, avec des prix jusqu’à cinq fois plus élevés que la norme.

Le canton a donc suspendu ce service depuis le 1er avril. Il n’est désormais plus possible de commander une voiture avec chauffeur via Booking.com à Genève. Cette décision réjouit les taxis officiels, qui saluent que la loi soit enfin appliquée à ce géant de la réservation en ligne. Booking.com serait d’ailleurs actuellement en discussion afin de remettre ce service en place dès que possible.

Dizaines d’autres acteurs illégaux

Le problème n’est toutefois pas réglé, préviennent les taxis genevois officiels. Si le groupe américain a mis fin à ce service, des dizaines d’autres sites illégaux continuent de proposer des courses à des prix très élevés, pouvant aller jusqu’à plus de 150 francs pour un trajet de l’aéroport au centre-ville.

Du côté des autorités, on reconnaît que la marge de manœuvre est faible. La plupart de ces plateformes sont hébergées hors de Suisse, ce qui rend les contrôles et les sanctions très complexes.

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En toile de fond, les taxis demandent plus de transparence, avec une liste publique des opérateurs autorisés, ce que l’Etat refuse pour l’instant, invoquant la protection des données. Ce cas met en lumière la lutte complexe des autorités et des taxis officiels contre les plateformes en ligne illégales.

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Miguel Hernandez/edel